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Tout un défi pour Québec Cinéma

L’organisme devra concilier les goûts de l’industrie et du public

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Au lendemain du sacre du film de zombies Les affamés, un producteur de films réputé et le propriétaire de cinémas Vincent Guzzo estiment qu’il est temps que les artisans du Gala Québec Cinéma trouvent une façon de réconcilier les goûts du milieu du septième art et ceux du public.

<i>Les affamés</i>
Photo courtoisie
Les affamés

«Je fais toujours attention de ne pas mettre en opposition cinéma d’auteur versus films grand public, mais clairement cette année nous sommes arrivés au bout d’un processus», lance Pierre Even, qui a produit la suite de la comédie Bon Cop Bad Cop avec Patrick Huard et François Flamand.

Comme les autres grands succès de l’année 2017 au box-office que furent De père en flic 2, Le trip à trois et Junior majeur, Bon Cop Bad Cop 2 a été presque complètement écarté des nominations en vue de la remise des prix Iris, qu’ont animée Édith Cochrane et Guylaine Tremblay, dimanche soir.

<i>Bon Cop Bad Cop 2</i>
Photo courtoisie
Bon Cop Bad Cop 2

«Il faut faire un pas de plus pour que le gala soit une vraie fenêtre pour le public et qu’il y retrouve, pas nécessairement sous forme de nominations, les éléments qui ont fait que les gens sont allés au cinéma. On a cinq films qui ont fait plus qu’un million. Peut-être que les artisans de ces films auraient pu être représentés autrement», soupèse Pierre Even.

Le propriétaire des Cinémas Guzzo affirme que le gala de dimanche soir a mis en évidence la fracture entre les goûts du public et ceux des artisans du septième art québécois.

«Les gens qui font ces galas ne réalisent pas qu’ils sont en train d’écœurer le public. Quand tu n’as pas un Bon Cop Bad Cop, un De père en flic, un Junior majeur ou un Ballerina, quand ces films ne sont pas en nomination et ne gagnent jamais, c’est comme si tu disais au public qu’on s’en fout de ton opinion et de ce que tu as voulu voir.»

Mieux évaluer les comédies

Chez Québec Cinéma, on est ouverts à trouver une façon d’intégrer le cinéma populaire au gala, notamment les comédies.

«C’est un genre très difficile où il y a peut-être des critères d’excellence plus durs à évaluer. On se pose des questions à propos de la tendance à ne pas voir la somme de travail qu’il y a dans une comédie», soumet la directrice générale de l’organisme, Ségolène Roederer.

Selon Pierre Even, dont la boîte Item 7 a aussi produit les films C.R.A.Z.Y., Café de Flore et Brooklyn, il serait temps que plus de gens puissent voter pour les nominations. «Le but, ce n’est pas que les films plus populaires obtiennent plus de nominations. Le but, c’est que les nominations représentent mieux ce qu’on a vu dans l’année», dit-il.

Pour y arriver, Ségolène Roederer signale que changer les règlements ne suffira pas. « Il faut aussi travailler sur le développement des auditoires », conclut-elle.

Box-office 2017 des films populaires

  • De père en flic 2 : 683 360 entrées
  • Bon Cop Bad Cop 2 : 602 530
  • Le trip à trois : 261 970
  • Junior majeur (Prix du public) : 235 866
  • Ballerina : 218 546

Les gagnants du gala

  • Hochelaga, terre des âmes : 79 739 entrées
  • Les rois mongols : 69 920
  • Le problème d’infiltration : 24 730
  • Les affamés : 20 800
  • Chien de garde : 10 003