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Justin Trudeau joue gros

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Justin Trudeau joue gros au sommet du G7 qui se tiendra à La Malbaie. En devenant le porte-parole des pays qui s’opposent aux sanctions commerciales de Trump, il court le risque de se transformer en paratonnerre, et d’attirer les foudres du président américain.

Le sommet promet d’être particulièrement houleux si Trump y participe, ce qui n’est pas encore complètement acquis. Les États-Unis ne se sont jamais opposés à leurs alliés sur autant de sujets.

1. Quelle est l’influence réelle du G7 ?

Le G7 a été créé officiellement en 1975. Il s’appelait alors le G6. Le Canada s’y est joint l’année d’après. À l’époque, le G7 regroupait les principales démocraties du monde, soit le Canada, les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et le Japon. Ces pays étaient aussi les plus grandes économies de la planète. De nos jours, la moitié des économies les plus puissantes du monde en sont exclues, soit : la Chine, l’Inde, la Russie, l’Indonésie et le Brésil. La Grande-Bretagne, la France, l’Italie et le Canada ont dégringolé respectivement au 10e, 11e, 13e et 18e rang mondial. Par conséquent, le G7 est un club de démocraties proches des Américains. Ce groupe conserve une certaine influence sur les affaires mondiales, mais elle est de plus en plus limitée.

2. Pourquoi est-ce que Trudeau joue gros ?

Après le fiasco de son voyage en Inde et ses changements de costumes quotidiens, Trudeau doit corriger son image internationale. Il doit montrer qu’il est rassembleur et qu’il est capable de donner une nouvelle impulsion à un G7 dont les Américains se désintéressent de plus en plus.

3. Trudeau parviendra-t-il à rallier Donald Trump ?

C’est douteux. Trump s’oppose à presque tous les grands thèmes du G7 de cette année. Par exemple, il ne croit pas aux changements climatiques, son rapprochement avec Israël et avec l’Arabie saoudite constitue un obstacle à la paix au Proche-Orient, il ne voudra pas que l’innovation devienne un bien collectif et ses sanctions économiques s’opposent à la croissance économique commune. L’administration Trump restera inflexible sur tous ces sujets tant que les élections de mi-mandat ne seront pas passées. Il n’y a guère que l’égalité des sexes qui fait consensus. Encore que le saupoudrage des questions du droit des femmes dans tous les sujets de la conférence est franchement risible d’un strict point de vue des relations internationales.

4. Que devrait faire le premier ministre canadien ?

Il y a fort à parier que les dirigeants du G7 ne parviendront pas à se mettre d’accord sur un communiqué conjoint. Cependant, Trudeau remporterait une grande victoire si les pays membres du G7 signaient un communiqué conjoint sans les États-Unis. Un communiqué où ils affirmeraient fortement leur solidarité contre les politiques abracadabrantes de Trump. Mais Trudeau aura du mal à convaincre la Grande-Bretagne et le Japon d’adopter une position aussi ferme.