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La réalité virtuelle, l’avenir de l’éducation?

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Imaginez pouvoir reproduire l’environnement d’une salle de classe de façon à ce que votre enfant puisse assister à ses cours et communiquer avec son professeur en temps réel sans jamais devoir quitter la maison.

C’est le pari de Succès Scolaire, une entreprise spécialisée dans les programmes de tutorat, qui mise désormais sur la réalité virtuelle pour optimiser ses services.

L’entreprise québécoise teste présentement un projet-pilote auprès de deux élèves de niveau secondaire qui leur permet de recevoir du tutorat pour les aider à améliorer leur niveau d’anglais.

« Les élèves et la tutrice semblent beaucoup apprécier. La tutrice adore son expérience, ça lui permet d’être plus créative dans son enseignement. [Grâce à l’environnement simulé] elle peut se déplacer, elle peut enseigner l’anglais sur la tour Eiffel », raconte Benoit Archambault, président de Succès Scolaire.

« Ce sont les premiers pas, mais c’est très encourageant. Jusqu’à maintenant, les résultats sont très positifs, tant de notre côté que de celui des élèves. »

À l’aide d’un équipement spécialisé comprenant un logiciel, un ensemble de casque immersif et des manettes, les élèves peuvent échanger et travailler avec leur tuteur comme s’ils étaient tous dans la même pièce. Le tuteur se trouve en réalité dans les bureaux de Succès Scolaire, dans le centre-ville de Montréal.

Élèves et tuteurs interagissent ainsi sous forme d’avatars dans des environnements simulés où les premiers doivent réaliser des exercices ludiques, mais éducatifs, sous la supervision des seconds.

Avec ce projet-pilote, développé avec le soutien du département de réalité virtuelle de Québecor, Succès Scolaire devient la première entreprise au Canada à offrir une expérience de tutorat entièrement immersive utilisant ce type de technologie.

Une petite révolution qui promet évidemment de changer la façon de concevoir l’enseignement à distance, mais qui pourrait aussi s’étendre ailleurs dans le réseau de l’éducation.

Le gouvernement du Québec a d’ailleurs récemment annoncé des investissements de plus de 1,2 milliards de dollars sur cinq ans pour lancer le virage numérique dans les écoles de la province.

Les sommes investies dans le cadre du Plan d’action numérique, dévoilé en grande pompe cette semaine, devront permettre aux établissements d’enseignement de se doter d’appareils technologiques dernier cri tels que les casques de réalité virtuelle ou encore les imprimantes 3D.

Coûts à la baisse

Pour l’instant, la technologie nécessite un investissement de 500$ par « casque ». Il faut également prévoir un montant supplémentaire pour un ordinateur compatible avec les outils de réalité virtuelle. Benoît Archambault estime toutefois que les coûts iront à la baisse une fois la technologie mieux implantée au Québec.

Devant des résultats encourageants, Succès Scolaire explore maintenant d’autres pistes pour amener le projet à une autre étape et créer davantage d’environnements immersifs.

Recréer des liens

M. Archambault est conscient que la multiplication des outils pédagogiques virtuels risque de bouleverser la relation professeur-élève telle qu’on la conçoit. Mais il estime que ces bouleversements sont pour le mieux et qu’ils permettront d’améliorer la qualité des services pédagogiques.

« Ce qu’on essaie de valider avec ça c’est si on est capable de créer des liens humains à travers les avatars », explique-t-il.

« Je crois beaucoup encore aux profs en personne, mais je crois qu’il faut aller chercher aussi de nouvelles façons d’attirer les jeunes et je crois que c’est le rôle de l’éducateur de toujours se questionner sur son enseignement et de s’adapter aux nouvelles technologies. »