/finance/opinion/columnists
Navigation

Les millionnaires de la F1

Le Québécois Lance Stroll occupe le 14e rang au palmarès des salaires annuels des pilotes de F1. L’écurie Williams Martini Racing lui verse 2,3 millions $.
Photo AFP Le Québécois Lance Stroll occupe le 14e rang au palmarès des salaires annuels des pilotes de F1. L’écurie Williams Martini Racing lui verse 2,3 millions $.

Coup d'oeil sur cet article

La Formule 1, c’est l’épreuve reine de la course automobile. Et qui dit « reine » dit « dépenses fastueuses ». Voilà pourquoi il en coûte une beurrée pour accueillir un Grand Prix du cirque de la F1 sur ses terres.

Sur la ligne de départ du Grand Prix du Canada, dimanche prochain, sachez que le budget de course des écuries des 20 bolides présents sur la piste totalise cette année la rondelette somme de 3,48 milliards de dollars canadiens.

Comme il y aura 21 courses au calendrier du cirque de la F1 cette année, cela signifie que chaque Grand Prix leur coûte en moyenne 166 millions de dollars !

LES ÉCURIES

En me basant sur les budgets des écuries rapportés par le magazine Auto Bild, les trois grosses écuries (Mercedes, Ferrari, Red Bull) vont collectivement dépenser plus d’argent que le regroupement des sept autres écuries. Voici les chiffres en dollars canadiens.

Le trio vedette dépensera cette année 1,86 milliard de dollars : Mercedes 681 M$ ; Ferrari 651 M$ ; Red Bull 530 M$.

Les sept autres dépenseront au total 1,6 milliard $ : McLaren 379 M$ ; Renault 303 M$ ; Willams 204 M$ ; Sauber 204 M$ ; Toro Rosso 189 M$ ; Haas 167 M$ ; et Force India 167 M$.

LES PILOTES

Quant aux salaires (en dollars canadiens) des 20 pilotes de F1, on note des écarts immenses.

Les mieux payés, selon le site TMZ, sont Sebastian Vettel (Ferrari : 77 M$) ; Lewis Hamilton (Mercedes : 65 M$) ; Kimi Raïkkönen (Ferrari : 40 M$) ; Fernando Alonso (McLaren : 39 M$) ; Valtteri Bottas (Mercedes : 16 M$) ; Max Verstappen (Red Bull : 13 M$). Par rapport aux points récoltés par les pilotes depuis le début de l’année, la meilleure « aubaine » du cirque de la F1, c’est Daniel Ricciardo, de Red Bull, dont le salaire s’élève à 8 millions $. Sur les six premières courses de la saison, il a en gagnées deux, comme les deux grandes stars de la F1, Vettel et Hamilton.

Et notre Lance Stroll ? Avec un salaire de 2,3 M$, il arrive au 14e rang parmi les 20 pilotes.

LA NOTE

Pour bénéficier du « privilège » de faire partie du calendrier des grands prix de la F1, et ce jusqu’en 2029, nos gouvernements de Québec et d’Ottawa ainsi que la Ville de Montréal ont accepté de verser une subvention annuelle de presque 20 millions $ par année à Formula One Group (FOG), qui chapeaute les courses de F1.

FOG est aujourd’hui la propriété de la multinationale américaine Liberty Media. Liberty a payé le gros prix pour acquérir l’empire de Bernie Ecclestone, soit 4,4 milliards de dollars américains.

À cette subvention annuelle de 20 millions $ que l’on verse à FOG s’ajoute la modernisation au coût de 76 millions $ des infrastructures du Circuit Gilles-Villeneuve, laquelle facture sera épongée par la Ville et Québec. Amorti sur 10 ans, soit d’ici la fin de la présente entente, cela représente donc une dépense additionnelle de 7,6 millions $ par année.

À l’exception du Grand Prix de Monaco, tous les autres grands prix de F1 doivent disposer d’infrastructures ultramodernes, selon la Fédération internationale de l’automobile, qui réglemente la F1.

Ce qui sera le cas l’an prochain pour le Grand Prix du Canada alors que le Circuit Gilles-Villeneuve mettra à la disposition des écuries de nouveaux paddocks (garages), en plus d’y aménager une zone hospitalité à la hauteur des attentes du gratin de la F1.

Cela dit, la subvention annuelle à la FOG et la réfection des infrastructures du Circuit Gilles-Villeneuve sont en sus des dépenses d’au moins 25 millions $ que le promoteur François Dumontier doit éponger annuellement pour organiser l’événement.

On résume l’ensemble des dépenses. Pour tenir le Grand Prix du Canada d’ici 2029, il en coûtera donc un peu plus de 50 millions de dollars par année, soit 20 millions $ de subvention, près de 8 millions $ pour l’amortissement des nouveaux paddocks et 25 millions $ de la part du promoteur.