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Des milliards de chenilles au Québec

200 000 hectares de forêts vont être sans feuilles

Les chenilles se rassemblent en masse sur le tronc et les branches des arbres.
Photo David Prince Les chenilles se rassemblent en masse sur le tronc et les branches des arbres.

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GATINEAU | Plusieurs régions du Québec sont envahies par des milliards de chenilles qui dévorent les feuilles et grimpent sur les fondations des résidences.

L’infestation n’a rien à voir avec ce que l’Abitibi a connu en 2001 et qui causait des accidents parce que la chaussée devenait glissante à la suite de la chute des chenilles. Mais les chercheurs confirment que la livrée des forêts est présente en grand nombre ces jours-ci dans la province.

Certains endroits à Montréal, en Outaouais, en Estrie, dans Lanaudière et en Abitibi sont visés par cette épidémie où près de 200 000 hectares de forêts devraient se retrouver sans feuilles, un peu comme en hiver.

À titre comparatif, un million d’hectares avaient été ravagés il y a 17 ans.

Le pire à venir

Selon le chercheur en écologie et diversité des insectes forestiers pour Ressources naturelles Canada, Christian Hébert, les petites bêtes devraient être encore plus visibles d’ici les deux prochaines semaines.

« Les chenilles vont être très remarquées dans les prochains jours parce que, lorsqu’il y a des populations très élevées comme en ce moment, elles vont manquer de nourriture. Elles vont donc se disperser massivement et les gens devraient les voir traverser des routes, notamment », explique-t-il.

Une résidente de Gatineau, Sonia Dovale, affirme que les chenilles commencent à gagner son terrain.

« Il y a plusieurs nids et elles vont sûrement monter sur les arbres. L’an dernier, elles montaient sur le mur de ma maison », raconte la dame.

Encore un an

Christian Hébert indique qu’une épidémie de livrée des forêts dure environ de trois à cinq ans.

Considérant qu’elle en est à sa deuxième ou troisième année selon les régions du Québec, le chercheur s’attend à ce que l’infestation soit encore présente au printemps 2019.

« On est dans un cycle d’augmentation. C’est difficile à prédire, mais de façon générale, on s’attend à ce que leur population augmente l’an prochain », dit-il.

Étonnamment, les scientifiques ne savent toujours pas ce qui explique le déclenchement d’une épidémie.

« Ça demeure un mystère. On sait pourquoi l’épidémie s’arrête à cause de l’action d’ennemis naturels, mais le déclenchement demeure une énigme pour les scientifiques », mentionne le chercheur.