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Cela a fait 500 jours, lundi, que Donald Trump est à la tête des États-Unis.
Photo d’archives Cela a fait 500 jours, lundi, que Donald Trump est à la tête des États-Unis.

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Depuis le début de la semaine, les trompettes se font aller à la Maison-Blanche. On louange les 500 premiers jours de Donald Trump à la présidence : les meilleurs de toute l’histoire américaine ! Selon qui, vous pensez ?

Les 100 premiers jours de l’homme d’affaires à la Maison-Blanche ont été oubliés tant tout était chaotique à l’époque sur l’avenue Pennsylvanie. On s’est repris en grand au 500e jour, lundi, avec l’apologiste-en-chef vantant ses propres mérites via Twitter.

« Nous avons accompli beaucoup... selon plusieurs, plus que n’importe quel président. Réduction d’impôts et de réglementations, militaires et anciens combattants, criminalité et immigration illégale en baisse, des frontières plus solides, meilleurs emplois et économie de tous les temps et plus encore... »

Meilleure économie de tous les temps ? Plus que n’importe quel président ? Plus que Franklin D. Roosevelt qui, en 100 jours, a sauvé le système bancaire du pays ? Plus que George Washington lui-même qui a donné l’exemple jusqu’à aujourd’hui sur ce qu’être président signifie ?

Ou plus récemment, mais certainement plus enrageant encore pour son successeur, plus que Barack Obama qui, en quelques semaines, a obtenu du Congrès un plan de relance de 800 milliards de dollars pour arracher le pays à la récession ?

RENDONS À CÉSAR...

C’est vrai qu’on n’a pas croisé un taux de chômage à 3,8 % depuis plus d’une génération. Chez les femmes, les économistes l’admettent aussi, le chômage est à son plus bas depuis 1953. Et un taux à 5,9 % chez les noirs, c’est simple, depuis que l’État récolte les chiffres, c’est du jamais-vu.

Trump et le Congrès ont aussi réduit les impôts, coupé dans les réglementations et la chasse à l’immigrant illégal se poursuit partout où il se trouve. On le sait, parce qu’il n’existe pas de tribune trop sacrée aux yeux du président pour encenser ses réalisations : Memorial Day, par exemple, le jour du Souvenir ici, il affirmait que « ceux qui sont morts pour notre grand pays seraient très heureux et fiers de la santé du pays : la meilleure économie depuis des décennies ».

Le manque de finesse de Donald Trump, c’est d’ailleurs ce qui le perd. Tout est une bataille, un « zero-sum game » où soit tu gagnes, soit tu perds.

DES ENNEMIS PARTOUT

Trump, avec des politiques protectionnistes dangereuses pour l’économie américaine et mondiale, a réussi à se mettre à dos les dirigeants des pays les plus riches et développés de la planète, il faut quand même le faire.

Ses politiques, ses tweets, ses discours devant ses partisans approfondissent chaque jour un peu plus les divisions entre les Américains. À preuve, sa dernière querelle avec les Eagles de Philadelphie, alors qu’il a opposé le droit d’être en désaccord avec lui avec le manque de respect pour le drapeau américain et l’hymne national.

En traitant d’« enfants de chienne », les sportifs qui souhaitent attirer l’attention sur des injustices qu’eux veulent voir corrigées, il est acclamé par ses partisans, mais ne contribue certainement pas à souder le pays.

Donald Trump peut bien passer au travers de son programme et cocher ses accomplissements, sauf qu’en attisant les passions de son électorat, il divise beaucoup et unit bien peu.

Dommage, mais dans ce pays dont la devise est E Pluribus Unum, « De plusieurs, un », le seul « un » qu’il a en tête, c’est lui.