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Scandale! Une jeune femme sans brassière à l'école!

Scandale! Une jeune femme sans brassière à l'école!

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Ma mère ne porte pas toujours de soutien-gorge. Ça la gosse.

 
Moi, je porte toujours un soutien-gorge, sinon, ça me gosse.
 
Laquelle d’entre nous se comporte le mieux? Laquelle d’entre nous est la plus décente?
 
Le problème avec l’argument de la décence, c’est que la décence, c’est suggestif.
 
Pensons à ce temps reculé où les femmes portaient des jupes qui mangeaient la poussière, et où le simple fait de voir une cheville excitait la gent masculine. À cette époque, nous les femmes, ressemblions à de longs tubes enrubannés...la décence, c’était ça!
 
Les hommes devaient aussi se couvrir et respecter les codes de l’époque, tout comme aujourd’hui d’ailleurs, mais pour eux -gang de chanceux- les règles ne sont pas établies parce que leur corps excite les femmes. La décence ne se conjugue donc pas de la même manière au féminin et au masculin.
 
Pensons aussi aux différents territoires que nous occupons, nous les humains. On n’a qu’à voyager un peu pour se rendre compte que la décence change en fonction de la géographie. Selon les coutumes et les religions, les attentes varient. Certains portent des pagnes, d’autres des voiles, des turbans, des boubous, d’autres se promènent complètement nus! Oui, complètement nus, et ça existe même ici au Québec dans les clubs naturistes! Scandale! :)
 
Les codes de la décence viennent de plusieurs sources. Ils sont ensuite appris, digérés, intégrés. Ils deviennent souvent immuables, et pendant longtemps, on ne les questionne plus. On y obéit.
 
La semaine dernière, une jeune femme du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie (PSNM) situé dans l’arrondissement Outremont à Montréal a été sommée de se couvrir parce qu’elle ne portait pas de brassière. Au lieu de répondre à la consigne, elle a préféré rentrer chez elle.
 
La pétition destinée à supporter la cause de la jeune femme débute ainsi :
 
«Cher Pensionnat, nous ne gueulons pas pour une révolution, nous réclamons le droit à l'évolution.»
 
Le droit à l’évolution. Oui, nous sommes rendus là. Nous sommes rendus à cette étape où les mœurs et les codes doivent changer et où l’obéissance aveugle doit être remise en question.
 
Première question.

Est-ce que toutes les tétines sont condamnables? Les tétines d’hommes, non. Pourtant, elles ont la même forme, la même grandeur et la même couleur...

Deuxième question.

Si les tétines féminines et masculines ont la même forme, la même grandeur et la même couleur, qu’est-ce qui fait que celles des femmes doivent être obligatoirement couvertes de deux couches de tissu, dont une idéalement «paddée»?

Troisième question.

Qu’est-ce qui fait que la zone des seins est sexualisée? Y a-t-il d’autres zones qui peuvent être excitantes? Mettons le cou, les cuisses, les chevilles tant qu’à y être? Les pieds? Devrions-nous rendre ces parties du corps invisibles pour autant? Ne pourrions-nous pas simplement retenir nos pulsions comme la grande majorité d’entre nous, femmes et hommes, savent déjà le faire?

Quatrième question.

Est-ce que cette interdiction de montrer le sein et le mamelon féminin contribuerait aussi à stigmatiser les femmes qui allaitent en public? L’allaitement au grand vent est-il indécent?

Cinquième question.

On dit du soutien-gorge qu’il est bon pour la santé des femmes, qu’il aide à garder le dos droit et qu’il améliore la «tenue» des seins. D’autres affirment que c’est le contraire, et que lorsqu’on porte une brassière, les muscles ont tendance à devenir lâches, et que par conséquent, les seins retombent plus vite. Bref, personne ne s’accorde là-dessus. Que faire?

Les jeunes de la pétition réclament le droit à l’évolution. Et cette évolution doit se faire à l’école comme en dehors de l'école.
 
Parce qu'on s'entend pour dire que de ne pas porter de brassière, peu importe l'endroit où l'on se trouve, c'est quand même mal vu. Pour le moment...
 
Même si ce débat revient depuis les années 60, j’ose espérer que c’est maintenant que le changement doit se faire. Merci à cette jeune femme d'avoir agi.
 
Enfin, libérons les seins!