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Une grève illégale en vue au nouveau pont Champlain

Construction pont Champlain
Photo Chantal Poirier

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Une autre tuile pour le chantier du nouveau pont Champlain. Le syndicat FTQ des grutiers prévoit faire la grève des heures supplémentaires pendant neuf jours, puis observer un débrayage illégal le lundi 18 juin, selon les sources de notre Bureau d’enquête.

De quoi ralentir considérablement les travaux du constructeur, déjà sous pression pour finir en décembre 2018.

« Des renseignements obtenus par nos enquêteurs indiquent qu’une grève illégale des grutiers se prépare », confirme Mélanie Malenfant, chef des relations publiques de la Commission de la construction du Québec (CCQ), chargée de réglementer l’industrie.

Les grutiers ont déjà commencé leurs moyens de pression samedi dernier, en refusant de travailler sur le nouveau pont Champlain. Tous les quarts de travail de fin de semaine sont considérés comme des heures supplémentaires.

Les grutiers protestent ainsi contre les récentes modifications aux règles touchant la formation dans leur métier.

« Samedi passé, il n’y avait aucun grutier disponible. Ils disaient qu’il y avait une réunion à Québec sur les nouveaux règlements », dit un contremaître du constructeur Signature sur le Saint-Laurent.

Selon nos informations, les membres de l’autre grand syndicat de grutiers, l’Union internationale des opérateurs-ingénieurs, devraient suivre le mot d’ordre lancé par la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) pour les jours de grève à venir.

Lourdes conséquences

« Ça bloque tout, assure notre source contremaître. Sur un chantier comme le pont Champlain, il y a énormément d’heures supplémentaires, surtout pour les grutiers. Il y a toujours des levages à faire la fin de semaine, donc on ne pourra plus travailler. »

Les grutiers de la FTQ veulent protester contre les récents changements des règles touchant leur métier, entrées en vigueur le 14 mai. Elles permettent notamment aux travailleurs qui ne sont pas des grutiers de manœuvrer des petits camions-flèches (boom trucks).

Les nouvelles règles élargissent aussi le recours à des travailleurs qui n’ont pas obtenu de diplôme d’études professionnelles de grutier.

La CCQ rappelle que la loi « interdit formellement à quiconque d’ordonner, d’encourager ou d’appuyer une grève, un ralentissement de travail ou un lock-out, ou d’y prendre part, pendant la durée des conventions collectives ».

La Commission compte déployer ses équipes pour informer les travailleurs et recommander des poursuites aux autorités, s’il y a lieu de le faire.