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Les «nouveaux mots», qu’ossa donne?

Les «nouveaux mots», qu’ossa donne?
pixelrobot - stock.adobe.com

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Récemment, plusieurs médias (dont nous) ont publié une dépêche à propos des nouvelles inclusions dans les prochaines éditions des deux plus importants dictionnaires de la langue française, le Petit Larousse et le Petit Robert.

Si on peut ressentir une petite fierté à voir nos «pets-de-sœur», «gougoune» et «prendre une brosse» maintenant inclus dans le dictionnaire, on peut aussi se questionner. Pourquoi «se casser le bicycle» ou «cossin» ne sont-ils pas dans le dictionnaire, eux?

Anne-Marie Beaudoin-Bégin, plus connue sous le nom de l’Insolente linguiste, a répondu à nos questions sur le processus d’inclusion des mots dans le dictionnaire.

«Pour le Petit Robert, les lexicographes notent des mots durant toute l’année. Ils arrivent devant un comité avec une grosse banque de “nouveaux” mots, et c’est ce comité – composé d’une quinzaine de personnes – qui votent quels mots entrent dans le dictionnaire», indique la linguiste.

Mais ce n’est pas si simple. Un dictionnaire papier a une limite physique. Même si c’est un gros objet (qui sert de cale-porte parfois), même si les feuilles sont extrêmement minces, que les abréviations abondent et que la typographie est très petite, il reste qu’un dictionnaire n’est pas un ouvrage infini non plus.

Ainsi, s’il y a des mots qui sont ajoutés, certains doivent être retirés.

Ça aussi, c’est le travail d’humains. En somme, un dictionnaire papier, c’est un choix éditorial. C’est un faisceau particulier qui illumine seulement un morceau de la langue. C’est une vision particulière de ce que le français devrait être, selon un comité très réduit.

Or, comme le rappelle l’Insolente linguiste, on a souvent tendance à élever le dictionnaire au rang de Bible. Combien de fois entend-on «c’est écrit dans le dictionnaire!» pour valider un argument quelconque?

Comme Tina Fey en avocate incompétente le fait.

Cette révérence est cependant bien souvent mal servie. Soyez francs: quelle est la dernière fois que vous avez acheté un dictionnaire de l’année? Quelle est la dernière fois que vous avez ouvert un dictionnaire papier (pas en ligne!) pour le consulter? Et quand l’avez-vous consulté pour vérifier autre chose que l’orthographe d’un mot?

Avouez-le, les chances sont que ça fait un bon bout!

Il semble bien que cette insistance sur ces «nouveaux» mots ne soit qu’un coup de marketing pour signifier l’arrivée du dictionnaire de l’année.

Parce que, disons-le franchement, ces mots sont soi-disant «nouveaux», mais on les utilise depuis fort longtemps. J’ai tout le temps dit «gougoune»; ce mot n’est certainement pas nouveau!

Mais est-ce que ce coup de pub marche vraiment?

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