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Les sénateurs votent en faveur de la légalisation du pot : À go, on panique!

C'est pas tous les jours qu'il y a du suspense au Sénat. C'est maintenant chose faite: les sénateurs ont voté en faveur du projet de loi légalisant le cannabis. Ça s'en vient, gang! Commencez-vous à paniquer?
AFP C'est pas tous les jours qu'il y a du suspense au Sénat. C'est maintenant chose faite: les sénateurs ont voté en faveur du projet de loi légalisant le cannabis. Ça s'en vient, gang! Commencez-vous à paniquer?

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Le Sénat est devenu un peu plus cool jeudi en votant en faveur du projet de loi légalisant le cannabis. Faut dire que certains sont en âge d’avoir connu Woodstock même si, soyons honnête, les chances qu’ils aient fumé un joint en prônant l’amour libre dans une commune sont plutôt minces...

Alors, quelle est la date de la légalisation du cannabis?? On ne le sait pas encore puisque les sénateurs ont ajouté 46 amendements sur lesquels les députés d’Ottawa doivent maintenant se prononcer.

Pendant ce temps, à Québec, l’adoption du propre projet de loi 157 a été reportée de quelques jours seulement en raison de la suspension des travaux à l’Assemblée nationale pour le G7.

C'est vraiment le sprint final. Une fois les lois adoptées, il faudra compter entre six à huit semaines avant que le pot soit légal au Canada et que le chaos règne sur le pays.

COMMENCEZ-VOUS À AVOIR PEUR?

Pas de panique. Remettons les choses en perspective. La moitié des Québécois et Canadiens de 24 à 64 ans ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, selon Statistique Canada. Ce n’est donc pas une substance inconnue ou nouvelle.

Mais, je ne vous aide pas si je ne vous disais pas la vérité: oui, ce sera le bordel. Parce qu’avec une loi fédérale sur le cannabis et 13 autres lois dans les provinces et territoires et je ne sais plus combien de règlements municipaux, il y aura forcément de la confusion.

C’est aussi difficile que grimper l’Everest en pogoball que d’appliquer une loi anti-pitbull à Montréal, alors imaginez légaliser de la DROYE d’un océan l’autre.

Au Québec, par exemple, il sera possible d’acheter du pot à partir de l’âge de 18 ans. Dans d’autres provinces comme l'Ontario, ce sera 19 ans (tout comme l’alcool).

Alors oui, toi le jeune québécois de 18 ans qui souhaitaient vivre un voyage initiatique à Sault-Ste-Marie ou Sudbury, tu te cogneras le hoodie aux portes closes des magasins de la Société ontarienne du cannabis. Plate de même.

Au Québec, on ne pourra pas faire pousser son pot à la maison. Si tel un horticulteur rebelle tu défies la loi québécoise, tu écoperas d’une amende de 250$ à 750$, et en cas de récidive ces montants peuvent doubler. Mais ce ne sera pas criminel, puisque le fédéral (responsable du code criminel) autorisera les Canadiens à cultiver jusqu'à quatre plants. Ce sera un dossier à suivre au cours des prochains mois. On risque de s'en reparler.

En Ontario, on ne pourra pas fumer dans les lieux publics. Mais si je me fie à ce que j’ai vu à Toronto, personne ne va se stresser avec cette interdiction. Les gens sont wild à Toronto, c’est connu.

Lors de mon séjour dans la Ville Reine à la fin mai, j’ai constaté qu’il y avait des dizaines de dispensaires et une industrie déjà bien établie. J’ai croisé plusieurs personnes qui fumaient des joints à l’extérieur. Et puis... ben rien. Toronto ne sombrait pas dans la déchéance.

L’Alberta mise sur le privé, l’Ontario et le Québec sur le public et la Colombie-Britannique est un mixte des deux.

Donc oui, ce sera un peu le bordel et improvisé sur le coin d’une table, mais c’est pas mal ça le Canada (ÉDITORIAL!).

La taille des marchés varient selon les provinces. Donc c’est normal que les lois varient pour mieux s'adapter à chaque réalité. «Le Nouveau-Brunswick et l’Ontario ont des politiques similaires, mais ça marchera mieux au Nouveau-Brunswick simplement parce que la taille du marché est plus petite», a expliqué Jamie Shaw, directrice de la BC Independant cannabis Association lors du Lift Cannabis Expo à Vancouver.

En Ontario, le marché noir est plus important, ce sera un peu plus compliqué.

Fin du premier acte

Avec la légalisation à nos portes, ce n’est pas la fin de l’histoire. C’est simplement la fin du premier acte.

Le deuxième acte sera celui de l’échec de certaines politiques provinciales. On s’ajustera, on verra quelles politiques sont inapplicables (l’interdiction de faire pousser du pot à la maison, par exemple).

Un des plus gros défis, à mon avis, sera d’encadrer la vente en ligne, tant les dispensaires virtuels illégaux opèrent déjà en toute quiétude depuis deux ou trois ans.

Pour l’industrie, il y aura aussi une grosse phase de consolidation. De grosses compagnies achèteront de plus petites et on assistera à l’émergence de très gros joueurs. Ce phénomène a déjà commencé. Canopy Growth et Aurora dominent la course pour l’instant.
Je suis d’ailleurs bien heureuse d’être la première à parler de la WALMARTISATION DU WEED.

Pour connaitre quelques entrepreneurs qui font déjà leur marque dans l'industrie, je vous suggère de regarder cette vidéo de mes collègues de notre section porte-monnaie lors de leur passage à C2 Montréal. 

 

Le troisième acte, sera celui de la normalisation. Les gens vont réaliser que la Terre continue de tourner. Que les personnes qui fument du cannabis sont normales, que les travailleurs ne vont pas travailler ben gelés.

Après tout l’alcool est légal et ça ne veut pas dire qu’on vire une brosse sur la job...Sauf à l’Assemblée nationale bien sûr (mais tant que ce n’est pas une orgie de Médicis de la Toscane du 12e siècle, ça dérange pas, nous dit Jacques Chagnon, amateur d’histoire ou de Bicolline, probablement).

Le pot fera partie de notre quotidien. Ce blogue sera aussi beige que le feuillet paroissial de Saint-Venant-de-Paquette. Avec un peu de chance, je serai recrutée comme chroniqueuse vedette pour le magazine Bel-Âge (ENFIN, À MOI LA GLOIRE)

Alors vous voyez, ça n’a rien d’une tragédie grecque. Ça ressemble plus à la saison 2 de Lance et Compte avec l’interminable tournoi de la coupe du monde de hockey : c’est long, l’équipe Canada n’a pas d’âme, Patrick Devon meurt, mais finalement Pierre Lambert retrouve goût à la vie et tout finit bien.

Quant à moi, je fuis la tempête. Je prends deux semaines de vacances parce que ça l’air de rien comme ça, mais écrire sur le cannabis à temps plein, ça épuise un peu.

Je vais me reposer dans un pays où toutes les drogues sont décriminalisées depuis 2001. Pouvez-vous deviner lequel? Que de suspense! La réponse à mon retour en juillet!