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Michaëlle Jean, éternelle victime

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On est habitué que des gens blâment les médias quand ils sont dans l’eau chaude. Mais j’avoue que la Palme d’or dans ce domaine devrait être remise à Michaëlle Jean. Elle vient d’affirmer que si des articles sur son train de vie ont été publiés, c’est parce que des médias proches des souverainistes lui en veulent d’être une « haute figure du fédéralisme ».

Venant d’une ancienne journaliste, ces attaques contre les médias ont de quoi surprendre.

« JE NE SUIS PAS UNE PRINCESSE »

Lors d’une entrevue avec l’Agence France-Presse sur son bilan à la tête de la Francophonie, questionnée au sujet des révélations sur les rénos de 500 000 $ dans son appartement parisien, Michaëlle Jean a répondu : « Ce sont des campagnes diffamatoires. Il y a du dénigrement, un acharnement, motivé par la partisanerie : je suis une haute figure du fédéralisme canadien. Une partie de la société québécoise réfute ce fédéralisme et peut s’appuyer sur un réseau extrêmement puissant qui contrôle une grande partie des médias ».

Pourtant, l’histoire de ces dépenses scandaleuses, même si elles ont été dévoilées par le Bureau d’enquête du Journal, a été reprise par tous. Lorsque Michaëlle Jean s’est défendue en parlant de son besoin « d’eau chauuuuude », elle a été la risée du Québec au complet.

À la très fédérale Radio-Canada, on a eu droit, lors du dernier Bye Bye, à une imitation de Michaëlle Jean vêtue de Chanel, s’autocongratulant de sa propre importance. À la fin de la vignette, une voix décrivait les symptômes de la maladie mentale, comme une parodie des pubs de Bell « pour la cause » : « La mégalomanie est caractérisée par une surestimation de soi et une incontrôlable folie des grandeurs ».

Ouch. Est-ce de l’acharnement de méchants séparatistes ?

ATTEINTE DE VICTIMITE AIGUË

En 2005, quand Michaëlle Jean a été nommée gouverneure générale du Canada, beaucoup de médias, dont plusieurs journaux anglophones du ROC, s’étaient interrogés sur son passé de souverainiste et même sur ses accointances felquistes.

On avait ressorti un extrait d’un film de son mari Jean-Daniel­­­ Lafond où on apercevait Michaëlle Jean (qui se présente aujourd’hui comme une haute figure du fédéralisme) lors d’une rencontre avec les poètes Gérald Godin et Paul Chamberland, et l’ex-felquiste Pierre Vallières, portant un toast à l’indépendance.

Comment avait réagi Mme Jean en 2005 ? Elle avait dénoncé une campagne de salissage, menée par des séparatistes, pour la faire mal paraître. Comme un petit air de déjà vu, non ?

Ô TOI, MICHAËLLE

En 2016, j’ai publié une série de chroniques au sujet du documentaire Un film avec toi, que Jean-Daniel Lafond avait consacré à sa femme, Michaëlle Jean. J’avais qualifié ce film complaisant d’« infopub » financée par le bon peuple (40 000 $ de la Sodec, 50 000 $ de services techniques l’ONF et une licence de Radio-Canada).

Je racontais que le film avait été présenté, lors d’une soirée spéciale présidée par Michaëlle Jean, à Vues d’Afrique, un festival commandité par... l’Organisation de la Francophonie­­­.

Je tiens à préciser à Mme Jean que si j’ai dénoncé cette mascarade, ce n’est pas parce qu’elle est « une haute figure du fédéralisme ».

C’est simplement que, comme beaucoup de contribuables, je déteste avoir le sentiment qu’on se paye ma tête.