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La folie estivale de Patrice

Patrice Michaud
Photo Agence QMI, Simon Clark Patrice Michaud lancera sa tournée estivale avec son groupe Les Magestiques dans le cadre des Francos de Montréal, le 14 juin.

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Dix ans après avoir fait ses premiers pas en tant que musicien professionnel, Patrice Michaud s’apprête à offrir l’un des plus imposants concerts extérieurs de sa carrière, dans le cadre de la 30e édition des FrancoFolies de Montréal.

Entretien avec un artiste sur son X.

Tu as pris part à huit reprises aux Francos de Montréal et ce sera la première fois que tu fouleras les planches de la grande scène de la place des Festivals, le 14 juin. Comment­­­ te sens-tu ?

Aux Francos, j’ai fait toutes les déclinaisons. J’ai fait les petites scènes en après-midi, j’ai fait aussi les showcases. J’ai joué à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur, sur la scène Ford. Cette fois-ci, ce sera ma première scène Bell. Je trouve ça beau, en fait.

Tu as gravi chacun des échelons, en quelque sorte.

C’est ça. Souvent, on considère la scène artistique comme quelque chose de très éphémère. J’aime bien faire partie du contre-exemple et montrer que tu peux commencer lentement, faire tes classes et quand même espérer, même si ça ne s’est pas passé au bout de deux ans (...) Je trouve ça l’fun. En plus, cette grande scène-là arrive vraiment à point dans ma carrière. J’ai les tounes qu’il me faut et j’ai eu le succès populaire qu’il faut pour attirer un peu de monde. Je suis content.

Et cette occasion se présente au moment où tu célèbres tes dix ans de carrière.

D’un côté, c’est étrange de me retrouver, en 2018, à faire cette grande scène-là des Francos et d’avoir une carrière qui va quand même très bien. Je l’ai toujours abordée de manière très libre. Il n’y a jamais personne qui m’a imposé quoi que ce soit, dans ce métier-là. J’ai pris les idées, j’ai pris les conseils, mais c’est moi qui conduis le bateau depuis le début. C’est une grande richesse, en fait. Sachant la manière dont ça s’est passé, ce qui a été gagné et construit, je le sens solide. Je n’ai pas peur de m’appuyer là-dessus. Les gens sont au rendez-vous, ils ont adopté plusieurs chansons ou ils m’ont adopté moi, et ça, c’est très très très précieux.

Que réserves-tu à ton public dans le cadre de cette tournée estivale, qui t’amènera aussi à te produire dans le cadre du Festival d’été de Québec, le 10 juillet ?

J’ai un gros été. Je vais jouer sur mes plus grosses scènes à vie (...) C’est mon plus gros été de festival. Moi, j’ai été étiqueté comme un artiste de « salle de spectacle ». Je ne peux pas juste exporter le show que je fais en salle à l’extérieur. C’est deux propositions différentes que je prépare et que je monte de manière différente (...) Là, on est rendu là et on s’amuse beaucoup.

Justement, parle-nous des Magestiques, le groupe qui se produira dans le cadre de tes concerts.

Ça, c’est une folie dont nous avons perdu le contrôle. Ça me traînait dans la tête depuis un certain temps, cette idée de créer une entité complètement fictive, un faux groupe, avec de faux noms, avec des outfits qui auraient pu évoluer en 1958.

Je voulais donc faire vivre cette entité-là à un moment donné dans un show. Quand j’ai compris que la place idéale où tester le tout était mon propre show, j’ai décidé que le risque allait se prendre. Nous avons commencé ça tout au long de la tournée en salle. Nous faisions deux chansons dans cette enveloppe-là et sincèrement, c’est fou l’effet que ç’a chez les gens.

Les plus vieux ont l’impression de rajeunir et les plus jeunes s’en torchent et ont juste envie de danser (...) Ç’a tellement bien marché que j’ai dit à mon band que cet été, nous devions pimper la formule et en profiter. Ç’a donc donné Patrice Michaud et les Magestiques. Un show d’été, il faut que ce soit marteau. Il faut que le pacing soit optimal (...) Ce moment-là est vraiment énergisant et le pire, c’est que je vais peut-être obliger les invités à revêtir l’enveloppe.

Maintenant que ta tournée en salles est terminée, que comptes-tu faire après ton été de festivals ?

Cet automne, je vais disparaître. Je vais prendre du temps pour moi et ma famille. J’ai des projets, mais je n’ai pas d’engagements. Je sentais aussi que je devais m’accorder une période de repos et de vide pour pouvoir savoir ce qui, instinctivement, va m’interpeller pour la suite. Un moment comme ça, je n’ai jamais eu le luxe de m’accorder ça (...) Je me permets ça, un genre de reset. Je sais que je vais être actif, mais ce ne sera pas sur la scène publique.

Tu as connu une année extraordinaire. Es-tu anxieux à l’idée de t’éclipser alors que les choses vont si bien pour toi, sur le plan professionnel ?

On pourrait se dire que ce n’est pas le bon moment, puisque j’ai atteint un certain niveau de reconnaissance et de popularité. Mais tu vois, j’ai 37 ans et j’ai deux jeunes enfants. J’essaie d’être partout à la fois et de bien faire les choses en étant très authentique, là-dedans (...) Je crois fermement que les gens seront au rendez-vous quand j’arriverai avec quelque chose de nouveau (...) Je suis très serein par rapport à cela.


► Patrice Michaud se produira sur la place des Festivals, dans le cadre des Francos le 14 juin. Toutes les dates de sa tournée estivale se trouvent à l’adresse patricemichaud.ca.