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Trump tient ses promesses

Trump tient ses promesses
Photo AFP

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Cet homme a tous les défauts. On peut même s’interroger sur son équilibre mental. Mais une chose nous avait échappé. Il avait annoncé en posant sa candidature à la présidence de son pays qu’il allait changer le cours des choses.

Pour ce faire, Donald Trump ne s’embarrasse ni des règles de la diplomatie ni des accords commerciaux dans un cadre multilatéral. Depuis 30 ans, il n’a pas changé d’idée là-dessus ; il ne croit qu’aux accords bilatéraux, estimant qu’ils sont les seuls à protéger les intérêts des États-Unis. L’ALENA, la communauté européenne, toutes ces super structures qui affaiblissent les États-nations empêchent les États-Unis d’affirmer sa grandeur, sa puissance et sa supériorité cosmique du libéralisme économique.

Selon Trump, « Make America Great Again » n’est pas un slogan, mais sa religion. L’homme a déjà déclaré que Dieu doit être heureux de l’avoir créé, lui, Donald.

Anti-américanisme

Bien sûr qu’il veut faire éclater l’ALENA, bien sûr que Bruxelles représente à ses yeux le diable avec sa technocratie élitiste et non élue. Bien sûr aussi que le Canada exploite les États-Unis dans l’ALENA et que l’Europe, depuis le plan Marshall, se gonfle d’un orgueil alimenté par l’anti-américanisme.

Trump tient ses promesses. La preuve ? Le taux de satisfaction des Américains à son endroit est de 42 %, ce qui porte à croire que son électorat continue non seulement de l’appuyer, mais de le défendre. Ses électeurs croient en lui, car ils s’y reconnaissent, aussi incroyable que cela puisse paraître. Ils haïssent plus que jamais les médias, ils sont convaincus que Donald dit la vérité et lorsqu’il se fait contredire par les faits, qu’il est attaqué par exemple par des femmes qu’il aurait harcelées sexuellement, ils se déchaînent contre ces « salopes ».

Cet électorat trumpiste, jadis et toujours anticommuniste, éprouve désormais de la sympathie pour Poutine, qu’admire Donald Trump. Ils appuient et pardonnent à ceux qui trouvent grâce aux yeux de Trump et à qui lui-même pardonne.

Omnipotent

Car Trump s’est découvert un nouveau pouvoir qui le laisse croire qu’il est l’égal de Dieu, le pouvoir de gracier qui il veut. Il en joue comme d’un nouveau gadget. S’il quitte La Malbaie avant la fin du G7, ses électeurs lui donneront raison. S’il demeure présent, ils en concluront que le président a gagné en imposant sa vision. Ses électeurs aimeront Kim Jong-un si Donald Trump le décide. Ils l’accueilleront dans les rues de Washington s’il se rend aux États-Unis. Peu importe qu’il dirige un pays transformé en camp de concentration où les citoyens sont des robots exécutants.

Trump change profondément notre monde. Le président affadit par sa présence les personnalités qui l’entourent. Il les contamine à vrai dire, en les obligeant, eux les bien-élevés, à se laisser écraser la main ou à se faire enlever sur le veston des pellicules imaginaires, comme Trump l’a fait récemment avec Macron.

En fait, Trump pollue tout ce qu’il touche et ceux qui l’approchent. Et il croit bêtement et faussement, lui, l’isolationniste, que si les États-Unis sont prospères, l’économie mondiale s’en portera mieux.