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Comme chez le médecin

Les écuries font des analyses poussées des liquides de leurs monoplaces

Grand Prix du Canada
Photo Martin Chevalier Dario Izzo et David Tsurusaki veillent à la qualité de l’essence et de l’huile utilisées chez Red Bull.

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Dans le monde de la F1, il est souvent question des moteurs, des pneus et de l’aérodynamisme des voitures. Il est plutôt rare que la qualité de l’essence ou de l’huile soit montrée du doigt pour expliquer la contre-performance d’une voiture.

Ça peut arriver même si ces liquides sont à la fine pointe de la technologie. Par exemple, un petit détail dans la formule scientifique de l’huile utilisée peut avoir des conséquences sur l’efficacité d’un moteur.

Le représentant du Journal de Montréal s’est rendu chez l’écurie Red Bull dans les derniers jours pour en savoir davantage sur les procédés et la logistique dans ce champ d’expertise. Celle-ci peut compter sur deux employés d’ExxonMobil, un de ses commanditaires principaux, pour qu’ils s’occupent de tous les liquides de ses voitures.

David Tsurusaki et Dario Izzo ont un petit local situé dans le fond du garage de Red Bull. La moitié de l’espace est occupée par un petit laboratoire qui permet aux deux hommes d’effectuer leur boulot de précision.

Sur la table, on remarque une quinzaine de seringues avec des échantillons d’huile et d’essence. Tsurusaki et Izzo en récoltent entre 50 et 60 par fin de semaine de course.

« C’est comme faire des prises de sang chez le médecin pour un athlète de pointe, a souligné Izzo, qui travaille à temps plein avec Red Bull. S’il y a une contamination dans l’un des produits, on le sait rapidement.

On ne peut cependant rien changer. Avant chaque Grand Prix, on doit présenter des échantillons d’essence et d’huile qu’on utilisera pour les essais libres, les qualifications et la course. »

Pas une solution rapide

Le remède peut prendre quelques jours à trouver.

« Les problèmes ne surgissent pas du jour au lendemain. On les observe dans nos données sur une longue période, a souligné Tsurusaki. En raison des règlements de la FIA et de la complexité des formules, il est rare qu’on découvre une solution en quelques heures.

On envoie le dossier à notre laboratoire de développement situé au New Jersey. Ils sont en mesure de régler le tout en l’espace de quelques jours. Par chance, on n’a jamais eu de problèmes majeurs qui nécessitent un chambardement au sein de notre équipe. »

Tsurusaki et Izzo s’occupent également des liquides qui vont dans les bolides de Toro Rosso. Toutefois, leur composition est différente de ceux employés chez Red Bull.

« L’essence et l’huile sont conçues spécifiquement pour leurs moteurs, et c’est la même chose pour Red Bull », a précisé Tsurusaki.

Pression

On pourrait penser que Tsurusaki et Izzo n’ont pas de pression étant donné qu’ils travaillent dans l’ombre. C’est tout le contraire.

« On parle de la compétition entre les écuries sur la piste, mais il en existe aussi à notre niveau, a mentionné

Tsurusaki. Toutes les compagnies, comme la nôtre, veulent prouver qu’elles sont à l’avant-plan sur le plan technologique. Notre pire cauchemar serait de ne pas être en mesure de suivre la compétition.

Lorsque Red Bull gagne une course, c’est aussi une victoire pour nous contre les autres. »

Si les choses ne vont pas bien durant une course, tous les départements sont scrutés à la loupe, dont celui de Tsurusaki et Izzo.

« Ça peut être stressant si on découvre une anomalie dans l’huile ou l’essence et que ç’a eu un impact sur la performance du moteur ou de la monoplace en général. Ça, on le souhaite jamais. »