/opinion/columnists
Navigation

Le rose pour les garçons

Coup d'oeil sur cet article

Nous soulignons aujourd’hui les 15 ans du premier mariage d’un couple homosexuel en Ontario, en même temps que le deuxième anniversaire de l’adoption de la loi sur le changement de sexe. Deux anniversaires qui marquent, pensait-on, un changement dans les mentalités, une plus grande ouverture face à la diversité des genres. Pourtant, certains événements cette semaine nous rappellent que nous sommes encore loin de l’égalité tant recherchée.

Code vestimentaire à 2 ans

Bien sûr, il y a eu ce débat sur le code vestimentaire dans les écoles secondaires. Un débat qui ne date pas d’hier. Je me souviens d’un cours de rhétorique, au milieu des années 1990, dans lequel nous avions à débattre du port ou non de l’uniforme. Bref, plus les temps changent, plus les débats entourant l’habillement des filles et des garçons adolescents restent un sujet chaud qui prépare les futurs leaders étudiants à l’argumentation.

Cependant, je fus troublée par ce fait divers d’une maman qui dénonçait l’intimidation d’un enfant de 7-9 ans envers son enfant de 2 ans qui portait une casquette rose. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais la mère de l’intimidateur a cru bon d’ajouter que son bambin n’était pas habillé comme un « vrai garçon ».

Histoire de rose et de bleu

Pour la petite histoire, le rose fut d’abord attribué aux garçons au début du 20e siècle puisque la couleur était plus forte que le bleu « délicat » attribué alors aux filles. Il a fallu attendre la fin de la Deuxième Guerre pour que les couleurs s’inversent et que le rose devienne une couleur associée davantage aux filles. Depuis, il est assez commun de croiser des chemises roses dans les magasins de mode pour hommes. Alors, pourquoi perpétuer ces stéréotypes ? Peut-être que nos lois ont été plus vites que notre capacité à l’ouverture, pour une rare fois.