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L’échec lamentable du G7

L’échec lamentable du G7
AFP

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Donald Trump a finalement retiré son appui à la déclaration commune du G7, suite aux envois Twitter de Justin Trudeau, dénonçant les taxes douanières imposées sur l’acier et l’aluminium.

Sa version des faits est plausible, car il est fort possible que Trudeau ait effectivement simplement voulu se faire du capital politique en s’insurgeant sur Twitter, mais qu'il ait été plutôt discret à l'intérieur des officines du G7. Trump est arrivé comme un bulldozer voulant démolir la gestion de l'offre. Trudeau ne faisait tout simplement pas le poids pour exiger le retrait des tarifs douaniers sur l'aluminium et l'acier. Le Canada aurait nettement été perdant dans ce marchandage. Ajoutons à ce charmant portrait le fait que l’administration Trump pourrait aussi imposer des tarifs douaniers sur les automobiles.

Pendant que le G7 échouait lamentablement, l’Organisation de Coopération de Shanghai tenait une réunion à Quingdao, en Chine, couronnée de succès. On y a, notamment, décidé de mettre sur pied des instruments communs. L’OCS pose la collaboration, dans le respect des différences nationales, comme principe d’organisation. Comprenant la Chine, la Russie (exclue du G7 depuis 2014), l’Inde, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et le Pakistan, l’OCS compte ainsi plus de 40 pour cent de la population mondiale. Elle rassemble aussi quatre pays observateurs, l’Afghanistan, l’Iran, la Mongolie et le Belarus. En fin de semaine, la Chine et la Russie ont tout particulièrement affiché leur unité, et président chinois a annoncé la création d’une ligne de crédit de 30 milliards de yuans par le biais d’un consortium bancaire. Un modèle bien différent de celui du G7, et dont les résultats, en fin de semaine, sont à mille lieues de la rédaction laborieuse d’une déclaration commune avortée.

L'incapacité du G7 à réaliser tout acte tangible était prévisible. La mondialisation, comme on la connaît, tire à sa fin. Mais les guerres commerciales de Trump ne représentent pas la bonne réponse à cette dernière. Le président américain a beau taxer des produits étrangers et défendre les intérêts de son pays, il tente néanmoins de forcer la main à d’autres nations pour qu’elles adoptent le « tout au marché », comme il l’a fait en fin de semaine par rapport au modèle agricole canadien. Il demeure que son action est porteuse d’un constat, celui de la fin programmée de la mondialisation.

Pendant des décennies, on nous disait qu’il fallait tout simplement accepter que la mondialisation se mette en place. Jacques Parizeau, en 2001, la comparait à la marée pour illustrer qu'on ne pouvait la remettre en question. Il faut donc aujourd’hui accepter qu’elle va s’éteindre. Le Canada, comme bien d’autres pays, n’y est nullement préparé. Or, l’urgence est de penser un projet alternatif enthousiasmant plutôt que de subir passivement celui qui s’en vient.