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Prix de l’essence: un groupe promet une «vraie» mobilisation

Ces automobilistes disent n'avoir aucun lien avec la manifestation ratée du 31 mai.

Manifestation essence
Israel Mainville

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Il n’y a pas à dire, le dernier rassemblement prévu pour dénoncer la hausse du prix de l’essence à Montréal a été un flop monumental. Mais voilà qu’un groupe d’automobilistes préparent une nouvelle mobilisation sur l’autoroute 20. Ils assurent qu'ils seront nombreux cette fois-ci, et qu’en plus ils en profiteront pour faire une demande toute spéciale au gouvernement.

Rappelons-nous cette photo qui nous a tous fait rire ou découragés: celle d'une manifestante qui, venue dénoncer la hausse du prix de l’essence, s’est retrouvée seule, avec une escorte policière privée, alors qu’un événement organisé sur Facebook laissait penser que des centaines de personnes viendraient protester.

«On n'a aucun rapport avec ce groupe-là, pis je suis pas mal sûr que c’était une personne avec un faux compte qui l’avait organisé, c’est pas pour rien que la mobilisation n’a pas marché», lance le camionneur Stéphane Thibault. Il y a quelques semaines, ce dernier a créé un groupe Facebook pour dénoncer les hausses incessantes du prix de l’essence, et plus de 7600 membres y ont déjà adhéré.

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Oscillant autour de 1,40 $ dans la région de Montréal, le litre d’essence ne s’est pas vendu aussi cher depuis des années, fait valoir M. Thibault. Il a décidé d’organiser une manifestation qui doit avoir lieu le 14 juillet sur l’autoroute 20 et au cours de laquelle les automobilistes ralentiront la circulation en limitant leur vitesse au minimum prescrit sur une voie rapide, soit 60 km/h. Si le tout se déroule bien, le camionneur espère que l'expérience sera répétée à plusieurs reprises et un peu partout au pays. 

 

Une déduction pour les salariés

La mobilisation ne servira pas qu’à dénoncer le prix «ridicule» payé à la pompe. Les automobilistes demanderont au gouvernement et aux partis aspirant au pouvoir d’offrir une déduction relative aux kilomètres parcourus par les travailleurs salariés qui se déplacent en voiture. Le pourcentage de la déduction varierait selon le salaire annuel des ménages. Une pétition à ce sujet sera bientôt en ligne, assure M. Thibault.

«Pourquoi ce sont juste les travailleurs autonomes qui peuvent avoir un remboursement de l’essence payée pour leurs déplacements liés au travail?» lance Stéphane Thibault. «On croit qu’il y a pas mal de travailleurs qui n’ont pas le choix d’utiliser leur voiture et le gouvernement devrait les aider.»

Celui qui habite à Repentigny estime que sa femme et lui dépensent près de 800 $ par mois pour payer les pleins. «Ça n’a pas de bon sens», dit-il.

M. Thibault admet qu’il pourrait diminuer ces dépenses en utilisant un véhicule électrique. Il estime cependant qu'un grand nombre de personnes ne peuvent envisager l'acquisition d'une voiture de ce type, malgré les généreuses subventions gouvernementales qui accompagnent l’achat d’une voiture électrique. «Moi, j’ai jamais acheté de char neuf de toute ma vie, je suis pas mal sûr que c’est la même réalité pour pas mal d’autres gens», dit-il.

 

«Faire trembler le cartel»

Comme plusieurs autres groupes d’automobilistes, le groupe Facebook de Stéphane Thibault appelle au boycott du détaillant Petro-Canada. Le groupe croit que la firme propriétaire Suncor serait en partie responsable des fluctuations du prix de l’essence. «Avec notre mobilisation, on veut faire trembler le cartel», espère-t-il.

Cet appel au boycott n’est pas sans rappeler la vidéo virale diffusée l’automne dernier où un automobiliste montrait du doigt la même pétrolière. Or, les experts font fréquemment valoir que la hausse du prix de l’essence est un phénomène complexe qui dépend de plusieurs facteurs dont le contrôle échappe bien souvent aux pétrolières. Il y a d’abord le prix du pétrole brut déterminé sur le marché mondial, puis le raffinage, dont le coût pour le Québec est en grande partie fixé à New York. Le transport, les taxes et, enfin, la marge du détaillant sont également des facteurs dont on doit tenir compte.