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Un tour de piste génial et émotif

Grand Prix du Canada
Photo Martin Chevalier Piloter une voiture de course, ça ne s’oublie pas. Même si ce tour de piste a été effectué à vitesse réduite.

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​Faire ce tour de piste au volant de la voiture gagnante de Gilles en 1978 à Montréal a été génial et, oui, c’était émotif.

Qui ne l’aurait pas été ?

Non seulement parce que c’était la Ferrari 312T3 pilotée par mon père, mais aussi parce que j’ai couru ici pendant toute ma carrière en F1.

Je peux enfin dire que j’ai mené au Grand Prix du Canada, une épreuve que je n’ai jamais gagnée. J’ai surtout su éviter le mur des champions, que j’ai tapé deux fois !

Le circuit n’a pas changé au fil des ans. Piloter une voiture de course, ça ne s’oublie pas, même si ce tour de piste a été effectué à vitesse réduite.

Ce que je retiens de cette expérience enrichissante, d’abord, j’ai une autre fois réalisé que les pilotes à l’époque prenaient des risques énormes. La structure de la voiture s’arrête aux hanches et puis, après, c’est du plastique.

Mais bon, ils considéraient la F1 comme une voiture sécuritaire. La technologie en était là dans leur temps.

Coup d’accélérateur

Je devais précéder le défilé des pilotes, mais j’ai dû accélérer un peu pour éviter de créer une surchauffe. J’ai dû prendre mes distances.

Mais bon, le but n’était pas d’aller vite, c’était plutôt de saluer la foule.

Tout aussi génial était le vrombissement du moteur, le fameux V12 à plat de Ferrari. C’était aussi hallucinant et fantastique de voir autant de gens dans les tribunes.

J’aurais bien voulu entendre leur cri, mais le moteur était trop bruyant. Je n’entendais rien.

Comparaison honteuse

Je l’avoue, j’ai été choqué de me faire dire que Niki Lauda [ce triple champion du monde de F1] avait osé comparer Gilles à Max Verstappen. C’est honteux.

Peut-être que Lauda a encore de travers la décision de Ferrari de le virer au profit de mon père. Je n’en sais rien.

Si je suis d’accord pour dire que le pilote Red Bull prend des risques, comme Gilles le faisait, il y a une différence à établir. Mon père était un pilote respectueux envers ses adversaires et il apprenait de ses erreurs.

Il avait une éducation qui était complètement différente.

Contrairement à Verstappen, Gilles ne donnerait pas de coups de volant ni ne changeait de trajectoire sur la piste.

Cette comparaison, je ne la comprends pas.

Au Mans ?

Ma mère, Joann, a déclaré hier que Gilles aurait voulu que je participe aux 24 Heures du Mans en sa compagnie. Elle me l’avait d’ailleurs déjà avoué.

Pour le peu que je connaisse de lui, je pense vraiment qu’il l’aurait souhaité. Moi, j’aurais bien aimé. Mais après, peut-être y aurait-il eu un problème... d’ego. On le saura jamais.

Il doit y avoir une certaine fierté du père de rouler avec son fils. Mais les deux doivent se pousser l’un l’autre.

En même temps, si Gilles avait vécu plus longtemps, est-ce que j’aurais eu une carrière ? Aurais-je eu la possibilité de pouvoir faire mes propres marques ?

Mais c’est vrai que ça aurait été une belle expérience.

Pilotes incapables d’attaquer

L’épreuve d’hier a été une course typique d’un Grand Prix où les pneus ont surchauffé, ce qui a forcé les pilotes à l’économie. Ce n’est pas ça la F1.

C’est un peu plate, honnêtement. Les pilotes n’ont pas été en mesure de faire quoi que ce soit. On attaquait un tour, puis les pneus surchauffaient au tour suivant. Il fallait les sauver.

Cette situation est inacceptable en F1. À Bakou (Azerbaïdjan), on n’a pas vécu le même problème parce que le temps était très frais. On a eu une très bonne course.

Plein de décisions stupides sont prises en F1. Cette année, à Montréal, on a rajouté une troisième zone de DRS (pour favoriser les dépassements), ce qui a incité les écuries à ajuster leurs ailerons en conséquence.

Conséquence, la qualité du spectacle en a souffert. C’est le monde à l’envers et c’est vraiment frustrant.

On ne voit pas des pilotes à l’attaque, c’est pourtant ce que les spectateurs souhaitent en course. Ils paient pour voir des bagarres et des dépassements.

L’épreuve s’est donc jouée la veille en qualifications.

Pauvre Hamilton !

Parlant de qualifications, Lewis Hamilton s’était inquiété pour la suite des choses après sa mauvaise prestation samedi.

C’est comme s’il avait déjà baissé les bras avant le signal du départ.

En course, il n’a jamais été dans le coup et il a même perdu une place pendant son arrêt au puits de ravitaillement.

Somme toute, ça n’a pas été un bon week-end pour lui sur son circuit fétiche (il y a gagné six fois), d’autant plus qu’il a perdu la tête du championnat.

Des changements, ça presse

Lance Stroll a été éliminé dès le premier tour et son coéquipier Sergey Sirotkin s’est classé 17e et bon dernier chez tous les pilotes qui ont rallié l’arrivée.

Les déboires de l’écurie Williams se poursuivent et on ne voit pas la lumière au bout du tunnel.

Non seulement ça ne s’améliorera pas, mais ça va aller de pire en pire, si vous voulez mon opinion. On ne pourra même pas construire pour la saison prochaine dans le contexte actuel. C’est impossible.

Quand la pente est descendante, ça prend du temps avant de rebondir.

L’équipe doit apporter des changements majeurs et changer sa méthode de travail.