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Abus sexuels: un plan d’action sera obligatoire pour les fédérations sportives

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Photo Simon Clark Les ministres Sébastien Proulx et Hélène David, en compagnie de quatre des victimes de l'ancien entraîneur de ski alpin Bertrand Charest.

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QUÉBEC | Le gouvernement Couillard compte obliger les fédérations sportives à se munir d’un plan d’action pour prévenir et contrer les abus sexuels dans le sport amateur d’ici 2020, sans quoi elles pourraient perdre leur financement public.

Les ministres Sébastien Proulx et Hélène David en ont fait l’annonce, mardi, après que l’Assemblée nationale ait adopté à l’unanimité une motion en ce sens.

«Nous sommes dans un contexte où ces choses doivent être dites, où il y a de plus en plus de mouvements en ce sens qu'il faut saluer», a expliqué le ministre des Loisirs et des Sports, alors accompagné de quatre des victimes de l'ancien entraîneur de ski alpin Bertrand Charest.

Sans statuer définitivement sur ce que devront contenir ces éventuels plans d’action, le ministre a évoqué certaines solutions, notamment l’obligation qu’un athlète ne se retrouve jamais seul avec un entraîneur.

Pour leur part, les ex-skieuses ont souligné l’importance d’offrir une formation sur le harcèlement et les abus aux athlètes, bénévoles et entraîneurs, entre autres.

Selon la ministre de la Condition féminine, les différents mouvements de contestations qui ont pris naissance de par le monde, notamment #metoo, offrent aujourd’hui l’opportunité de rattraper le temps perdu.

«Pourquoi ces femmes n'ont pas dénoncé depuis 20 ans? Parce que la société n'était pas prête, ni à entendre, ni à agir, ni à bouger. Maintenant, on est prêts à entendre, à bouger et à agir», a indiqué Mme David, lors du point de presse.

Vers la guérison

Les quatre victimes ont salué l’implication de l’Assemblée nationale dans cet enjeu, lors de touchants témoignages.

«J'avais des attentes, mais je dois avouer que la vitesse du gouvernement du Québec m'a impressionnée», a d’abord confié Gail Kelly.

«J'aimerais tout d'abord remercier le gouvernement du Québec de nous avoir invités parmi vous tous aujourd'hui. Votre écoute vaut tellement cher dans nos cœurs», a pour sa part ajouté Anna Prchal.

Deux d’entre elles ont d’ailleurs reconnu que de raconter l’horreur qu’elles ont vécue ont facilité le douloureux processus de guérison.

«Pour la première fois depuis trop longtemps, ma colère s'émousse», a expliqué avec émotion Émilie Cousineau.

Émilie Cousineau, Gail Kelly et Anna Prchal avaient requis, puis obtenu au début du mois la levée de l’ordonnance de non-publication les concernant afin de pouvoir parler en public des abus qu’elles ont vécus.