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La tordeuse continue de détruire les forêts

L’épidémie qui sévit dans l’est du Québec et en Abitibi n’est toujours pas contrôlée

Plus de 800 000 litres de pesticide seront épandus cet été sur les forêts québécoises pour tenter de combattre l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.
Photo courtoisie Plus de 800 000 litres de pesticide seront épandus cet été sur les forêts québécoises pour tenter de combattre l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

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SAGUENAY | Malgré une hausse de l’épandage de pesticides, tout indique que la tordeuse des bourgeons de l’épinette poursuivra ses ravages dans les forêts du Québec au courant de l’été.

L’insecte qui menace des millions de conifères sévit principalement sur la Côte-Nord, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent, l’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie.

L’an dernier, les chenilles de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) ont infecté 7,1 millions d’hectares de forêts, contre à peine 110 000 hectares il y a 10 ans.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) craint que l’épidémie continue de croître pour au moins les deux prochaines années.

« Entre 2016 et 2017, il y a eu une petite accalmie, mais rien ne nous indique que ça va commencer à descendre. Les épidémies durent en moyenne de 15 à 20 ans. Ç’a commencé en 2006, alors on pourrait avoir atteint le pic dans deux, trois ans », explique le biologiste du MFFP, Pierre Therrien.

Cyclique

Les épidémies de la TBE sont cycliques et surviennent environ chaque 30 ans. La dernière épidémie remonte à 1992. Plus de 30 millions d’hectares avaient été touchés à ce moment. La crise actuelle ne devrait pas atteindre cette ampleur, notamment en raison de la quantité d’arbres plus faible qu’avant et de la jeunesse des conifères.

« On cherche à protéger 50 % du feuillage annuel de chaque arbre infesté pour les conserver en vie et atteindre ce taux de réussite sur plus de 70 % du territoire arrosé », mentionne le biologiste.

800 000 litres de pesticide

L’épandage du pesticide biologique BTK (Bacillus thuringiensis var. kurstaki) est en cours dans les régions touchées et se poursuivra jusqu’en août.

La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) prévoit épandre 800 000 litres de pesticide sur une superficie de 342 000 hectares, soit 100 000 hectares de plus que l’an dernier.

Cette surface représente à peine 5 % du territoire touché par la tordeuse. « C’est l’équivalent d’une pinte de lait versée sur deux terrains de football », illustre le directeur général de la SOPFIM Jean-Yves Arseneault.

Les secteurs visés sont les endroits les plus prisés par l’industrie forestière. Le ministère a aussi mis en place un programme de protection des forêts privées, doté d’une enveloppe de 20 M$. Environ 14 700 hectares de petites forêts privées seront arrosés au pesticide cette année.