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Mort d'une cycliste: est-ce que les camions en ville devraient être plus petits?

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Au lendemain de l’accident qui a fauché une cycliste montréalaise dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, certains se demandent si les camions ne sont pas disproportionnés pour circuler dans les rues résidentielles.

«On ne met pas de grosses choses dans des petits endroits, on apprend ça à la maternelle!» plaide le cycliste et fondateur de l’Association pour la mobilité active de Rosemont-La Petite-Patrie, Pierre Rogué, en regardant un énorme camion tourner difficilement au coin de la rue Saint-Zotique et de la 19e avenue.

C’est à cet endroit que Valérie Bertrand Desrochers a perdu la vie, lundi matin, happée par un poids lourd alors qu’elle circulait à vélo. Il s’agit du premier accident mortel impliquant un cycliste sur le territoire de la Ville de Montréal cette année.

Selon des témoins, la jeune femme de 30 ans n’aurait pas effectué l’arrêt obligatoire et se serait retrouvée dans l’angle mort du camionneur. Au moment d’envoyer ces lignes, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’étaient pas en mesure de confirmer ou d’infirmer ces informations.

Mais peu importe les causes de l’accident, Pierre Rogué n’en démord pas: les poids lourds qui circulent dans un secteur résidentiel ne devraient jamais être aussi gros. «Ces grands camions sont faits pour aller sur les autoroutes, et pas dans les rues. Il y a des modèles plus petits qui existent sur le marché, et qui sont adaptés aux petits endroits», soutient M. Rogué.

Habitant juste en face de l’intersection, Makhlouf Abdat déplore aussi la grosseur des camions pour la largeur des rues. «Il y en a beaucoup en ce moment», observe-t-il, car plusieurs chantiers se trouvent à proximité. Selon lui, soit il faudrait réduire leurs tailles, ou encore les munir de caméras pour diminuer les angles morts. «Mais les cyclistes ne respectent presque jamais l’arrêt, il faudrait un effort de la part de tous», ajoute-t-il.

Bien qu’elle hésite à se prononcer sur le sujet, la porte-parole du SPVM, Nathalie Valois, admet que des camions moins lourds et «moins présents» amélioreraient la sécurité. Elle ajoute que des agents du SPVM sont responsables de reconstituer la scène de l’accident, et de déterminer quels éléments de sécurité pourraient être améliorés à cette intersection.

Une présence policière importante

Les policiers étaient nombreux mardi matin dans le secteur où l’accident s’est produit. Le Journal a constaté que de nombreux cyclistes qui ne respectaient pas la signalisation se sont faits apostropher par les agents. «Parfois on va leur donner un constat d’infraction, parfois juste un avertissement, on y va au cas par cas», explique Nathalie Valois, aussi conseillère à la sécurité routière.

Elle spécifie qu’à chaque fois qu’un accident majeur se produit, le SPVM déploie une opération de trois jours, pendant lesquels une présence policière est accrue et vise à «assurer l’application des règlements».

Questionnée à savoir si cette intersection semble plus «accidentogène» que d’autres, la policière répond que c’est difficile à dire, mais qu’une chose est sûre, «une collision peut se produire à n’importe quel moment» et c’est pour cela que tous les usagers de la route doivent être prudents en tout temps.