/sacchips/unbelievable
Navigation

La chicane avec Trudeau et les autres relations houleuses de Trump avec des chefs d’État

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo AFP Donald Trump et Justin Trudeau.

Coup d'oeil sur cet article

Qui l’eût cru! Un seul petit week-end passé sous le soleil de Charlevoix a suffi pour bousiller solidement la relation entre Donald Trump et Justin Trudeau. Même les relations entre des participants d’Occupation Double tournaient moins rapidement au vinaigre. 

Les querelles se sont à ce point envenimées, qu’un conseiller du président américain a indiqué (avant de s’excuser quelques jours plus tard) qu’il y avait une «place spéciale en enfer» pour notre pauvre Justin. Et pendant ce temps, Donald se faisait un nouvel ami: le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Le premier ministre canadien est peut-être la dernière victime des attaques sans merci du locataire de la Maison-Blanche, il n’est cependant pas le seul à entretenir une relation houleuse avec The Donald.

Justin Trudeau, «malhonnête» et «faible»

Si Justin Trudeau et Barack Obama semblaient être les meilleurs amis du monde, notre premier ministre n’entretient pas la même relation avec le successeur de son ex-BFF.

Le ton a vite été donné lors de sa première rencontre avec Donald, lorsque notre premier ministre avait passif-agressivement montré de quel bois il se chauffait en résistant à la poignée de main un brin brutale de son homologue.

 

Après des semaines de tensions, en raison notamment de la renégociation de l’ALENA, les choses se sont envenimées (le mot est faible) entre les deux chefs d’État. C’est qu’Ottawa a imposé des sanctions aux États-Unis pouvant aller jusqu’à 16,6 milliards de dollars canadiens, en représailles aux tarifs sur l’acier et l’aluminium.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Vous l’aurez deviné, l’orangé président n’avait pas le cœur à la fête à son arrivée au Québec vendredi pour le G7. 

Pourtant, à la surprise générale, Justin Trudeau semblait une fois de plus avoir évité le pire. En quittant Bagotville, Trump avait même vanté le succès du Sommet du G7 à La Malbaie et son hôte, Justin, en plus d’avoir fait un pit stop dans ce temple local de la fine cuisine. 

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo REUTERS

 

Les célébrations auront été de courte durée, puisque le président a changé d’avis... dans l’avion. Après tout, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idées.

C’est que la conférence de presse de Justin Trudeau l’a piqué au vif. Ce dernier a qualifié d’«insultants» les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis au Canada sur l’acier et l’aluminium. Donald n’était pas content. Il a accusé Justin d’être «faible» et «malhonnête» et a prévenu que les critiques de Trudeau allaient coûter «cher» au Canada.

Tout est foutu.

Macron et Trump, une idylle de courte durée

À en croire les photos prises lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron à Washington en avril, Donald Trump et lui semblaient être au septième ciel.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Multipliant les accolades, les deux hommes sont allés jusqu’à se tenir la main devant les caméras du monde entier. Le cher Emmanuel s’est même laissé traîner à bout de bras par son nouvel ami. De la tendresse à l’état pur, presque au point de faire passer Alex Nevsky et Vanessa Pilon pour un couple blasé.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Comme si cela n’était pas assez, The Donald y était allé d’une marque d’affection diplomatique inédite en balayant les pellicules sur le costume de son invité tout juste débarqué du Vieux Continent. «Nous avons une relation très privilégiée, d’ailleurs je vais retirer ces quelques pellicules», a déclaré M. Trump en essuyant l’épaule d’Emmanuel Macron, habillé d’un costume noir.

 

Comme le chantait Gilles Vigneault, les deux hommes d’État ont ensuite planté un chêne, symbole d’une amitié naissante. 

Malheureusement pour eux, l’arbre a rapidement disparu. Présage de malheur? Tout porte à croire que oui.

Lors de leurs retrouvailles pittoresques à Charlevoix pour le Sommet du G7, la relation entre les deux hommes s’était visiblement refroidie.

La poignée de main que se sont échangée Trump et Macron a été interprétée comme un symbole des tensions opposant les États-Unis à la France. La preuve que le serrage de main a été vigoureux: le président américain a gardé l’empreinte blanche du pouce du président français sur sa (petite) main.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Comme si cela n’était pas assez, Macron a évoqué la possibilité de tenir les prochains Sommets du G7 à six, sans les États-Unis. Il a indiqué que «ça [leur] était égal d’être à 6, si le besoin était».

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Donald ne veut pas serrer la main d’Angela

Il n’aura fallu que quelques instants à Donald Trump pour gâcher sa relation avec Angela Merkel.

En effet, il suffit de revoir les images de leur non-poignée de main pour constater que ce n’est pas l’amour fou entre le président américain et la chancelière allemande. En effet, lors de sa visite à Washington au printemps 2017, la pauvre Angela a attendu – en vain – que The Donald lui serre la main, devant les médias du monde entier.

 

Malaise.

Le week-end dernier, une photo de Merkel a enflammé la toile... et a ravivé les rumeurs de mésentente entre les deux chefs d’État.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo d'archives, AFP

 

Sur le cliché, la chancelière a les mains fermement appuyées sur la table et semble tenir tête au locataire de la Maison-Blanche, assis devant elle, avec les bras croisés.

Même s’il est impossible de savoir ce qu’elle lui dit, on aime à penser qu’elle lui fait la leçon.

La chancelière a par ailleurs qualifié d’«un peu déprimante» la décision de Trump de retirer par tweet son soutien au communiqué final du Sommet.

Malaise entre Trump et Abe

Pour nous, la relation entre Donald Trump et Shinzo Abe se résume en une poignée de main. Lors de la visite du premier ministre japonais à la Maison-Blanche en février 2017, les deux hommes d’État ont échangé ce qui s’avère être probablement la poignée de main la plus inconfortable de l’histoire.

 

Il suffit d’observer le visage des deux hommes d’État alors qu’ils prennent la pause devant les photographes pour percevoir le malaise.

Les deux hommes ont néanmoins déjà partagé un moment sportif en s’exerçant au golf. La joute s’est toutefois avérée dangereuse pour le premier ministre japonais qui a atterri tête première dans une trappe de sable.

 

La relation «formidable» avec Kim Jong-un

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Donald Trump a serré la main du dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Le président américain a même assuré qu’il allait avoir «une relation formidable» avec le leader de la Corée du Nord.

 

Vous l’aurez deviné, la rencontre a été marquée par plusieurs poignées de main, des images inimaginables il y a encore quelques mois lorsque les deux hommes échangeaient menaces et invectives.

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo AFP

 

Donald Trump et Justin Trudeau.
Photo AFP

 

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président s’est en effet souvent tourné vers son outil diplomatique de prédilection, Twitter, pour insulter son vis-à-vis nord-coréen.

Il s’est attaqué au physique de Kim Jong-un en le qualifiant de «petit gros», il l’a traité de «Rocket man» (Homme-fusée) et il l’a décrit comme un «fou avec des armes nucléaires».

Il faut dire que Kim s’en est lui aussi déjà pris au président Trump, en remettant notamment en cause sa santé mentale. Celui qui le dit, celui qui l’est...

Puis, les deux dirigeants ont changé leur fusil d’épaule, en annonçant la tenue d’un sommet historique entre les deux dirigeants. Mais tout a failli basculer. Après avoir annulé le sommet et dénoncé «la colère» et «l’hostilité» du régime de Pyongyang, Trump a toutefois rechangé d’idée et a maintenu le sommet comme prévu.

Ouf.

Comme l’a souligné le dirigeant nord-coréen, «le chemin pour en arriver là n’a pas été facile».

Vladimir Poutine, l’exception?

Si Donald Trump distribue les attaques en règle contre à peu près n’importe qui, Vladimir Poutine pourrait être l’exception à la règle. De manière générale, le président américain évite en effet d’indisposer le président russe.

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, Donald Trump avait qualifié Vladimir Poutine d’«homme brillant et plein de talents».

Avant son départ pour La Malbaie vendredi, le président américain a aussi suggéré la réintégration de la Russie au sein du G7, exclue après l’annexion de la Crimée.

Pourtant, le spectre de Vladimir Poutine hante Donald Trump depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Le Kremlin est effectivement soupçonné d’ingérence dans la campagne et de collusion avec les membres de l’équipe du président Trump. Plusieurs enquêtes sont en cours sur ces liens avec la Russie.

- En collaboration avec l'AFP