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Si Claudette Carbonneau n’existait pas...

Claudette Carbonneau représente les syndicats au conseil d'administration de la Caisse.
PHOTO D'ARCHIVES Une présidente patiente et déterminée.

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Si Claudette Carbonneau n’existait pas, il faudrait l’inventer de toute urgence.

Voilà sûrement ce que doivent se dire ceux et celles qui espèrent encore voir un jour renaître un mouvement souverainiste qui, depuis des années, est particulièrement amoché.

Mme Carbonneau est la présidente des Organisations unies pour l’indépendance, mieux connues sous le nom des OuiQuébec. À ce titre, Claudette Carbonneau est celle qui, discrètement, tient une partie non négligeable du fort - celui d’un mouvement souverainiste gravement affaibli.

Brillante, diplomate, patiente et déterminée, l’an dernier, elle a également présidé à la dure négociation d’une «feuille de route» commune sur l’indépendance, laquelle comprenait même Québec solidaire. Du moins, jusqu’à ce que QS ne décide de renier sa propre signature.

Claudette Carbonneau tient le fort. Pendant que le mouvement souverainiste implose et que le Parti québécois croupit à 20% dans les sondages, elle annonce même la tenue prochaine d’«assises nationales de concertation du mouvement indépendantiste afin de trouver une voie de passage commune vers l’indépendance». Vaste programme dans les circonstances...

Dans le communiqué de presse des OuiQuébec, Mme Carbonneau rappelle surtout le mouvement souverainiste à une sérieuse prise de conscience:

«Plusieurs décennies après les référendums de 1980 et de 1995, et alors que les forces souverainistes se retrouvent dans la société civile, au Parti québécois, chez Québec solidaire ou au Bloc québécois, l'heure d'un grand rebrassage de cartes a sonné. Nous avons besoin de faire le point, de questionner de vielles façons de faire et de nous donner un plan de match commun, renouvelé et bien de notre temps.

L'indépendance n'est pas la propriété privée d'aucun de ces groupes. Elle ne peut être l'otage de stratégies partisanes ou corporatistes. En ce sens, elle appartient d'abord et avant tout au peuple québécois. C'est pourquoi les OUI Québec prendront l'initiative de convoquer ces assises nationales de concertation pour tenter de dégager une stratégie commune qui nous permettra de marcher tous ensemble vers le pays

***

Mme Carbonneau a certes raison de dire que l’'indépendance, en tant que projet et option politique, «ne peut être l'otage de stratégies partisanes ou corporatistes. En ce sens, elle appartient d'abord et avant tout au peuple québécois».

Il n’en reste pas moins que tout projet politique sérieux a besoin d’un bon parti politique pour le porter haut et fort. Cela n’en garantit pas le succès. En démocratie, c’est néanmoins la condition sine qua non pour que ce projet existe tout au moins dans l’espace public et politique.

Or, le Parti québécois est dans l’état que vous savez en partie parce que, depuis des années, il a cessé de porter son propre projet.

D’où la nécessité pour ce qu’il reste du mouvement souverainiste, comme le dit Mme Carbonneau, «de faire le point, de questionner de vielles façons de faire et de nous donner un plan de match commun, renouvelé et bien de notre temps».

À ce chapitre, le suivant, les résultats du scrutin du 1er octobre indiqueront peut-être la direction que ce mouvement devra enfin prendre ou reprendre...