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Trump: cet ennemi qui rend service

Justin Trudeau et Donald Trump
Photo AFP Justin Trudeau et Donald Trump

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Le président américain a quitté Charlevoix en claquant la porte. À peine entré dans son avion, il a renié l’entente qu’il venait de signer et fustigé le premier ministre Justin Trudeau.
 
«Malhonnête et faible». C’est comme ça que le président américain qualifie le premier ministre du Canada. Il poursuit en insistant sur les «injustices commerciales» dont sont victimes les Américains à ses yeux. 
 
Mise en scène digne d’un film d’Hollywood
 
Cette guerre de mots à laquelle Justin Trudeau se trouve mêlé est survenue à la veille de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un.
 
Personne ne doute des raisons qui ont motivé Trump à agir de la sorte. En qualifiant Trudeau de faible, il se présente comme le fort à la veille d’une négociation. 
 
On peut se demander ce qui l’a poussé à accepter l’entente du G7 en premier lieu. Il aurait été beaucoup plus efficace pour lui de refuser de signer l’entente et de faire une sortie en bonne et due forme à partir du Québec. 
 
S’agirait-il d’une mise mise en scène toute pensée d’avance?
 
Le ton employé par l’américain est dénoncé sur presque toutes les tribunes, ses seuls défenseurs sont de sa garde rapprochée. C’est du jamais vu entre deux pays qui sont, dans les faits, des voisins, de partenaires commerciaux et des alliés.
 
L'envers de la médaille
 
En poussant à l’extrême sa position, Donald Trump a dépassé les bornes. Ses accusations et son ton frondeur n’ont eu pour effet que de l’isoler encore plus des leaders des autres pays membres du G7.
 
L’attaque vicieuse dont est victime Justin Trudeau l’a projeté sous les feux de la rampe. En gardant la tête froide et en refusant de commenter lui-même les accusations, Trudeau s’est élevé au-dessus de la mêlée et s’est attiré la sympathie, sinon l’admiration, des autres chefs d’État.
 
Sur la scène canadienne, l’attaque de Trump a plutôt servi de déclencheur à un changement de ton entre les oppositions et Justin Trudeau. À Ottawa, les parlementaires sont unanimes: on doit appuyer sans réserve la position du premier ministre.
 
Sur la scène provinciale, les éclats de Donald Trump ont aussi plusieurs avantages. D’une part, ils confirment l’existence d’une crise mondiale en pleine évolution. Le message testé récemment par Philippe Couillard se voit renforcé.
 
D’autre part, les propos de Trump au sujet des produits laitiers forcent les différents partis politiques québécois à réaffirmer leur position à propos du système de la gestion de l’offre. 
 
À la veille du déclenchement des élections, les Québécois sont nombreux à être attentifs aux propositions de partis. Le chef libéral a repris l’image selon laquelle l ’agriculture au Québec, c’est une histoire de famille. 

«Moi, ce que j’aime de la gestion de l’offre, ce n’est pas le système, c’est le type d’agriculture qu’on veut avoir dans nos régions rurales au Québec. Si vous passez dans nos routes de campagne cet été, qu’est-ce que vous voyez sur les silos? Vous voyez un nom de famille; c’est marqué Boivin, c’est marqué Couture, ce n’est pas marqué inc. Et ça, les Québécois tiennent à ça les fermes à taille humaine, les fermes familiales», a illustré Philippe Couillard.
 
Vu de cette manière, il n’y a pas que du mauvais quand Donald Trump pète sa coche.
 
Après tout, n’y a-t-il pas meilleur moyen d’unir les troupes que de leur donner un ennemi commun à détester?