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Soccer, entre industrie et beau jeu

Soccer, entre industrie et beau jeu
AFP

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Aujourd'hui a commencé la Coupe du monde de football en Russie. Oui, football ou foot. On va l’appeler comme ça au moins jusqu’à la fin de la compétition le 15 juillet, s’il vous plait.

Il n’y a pas de sport plus populaire.

Au dernier recensement de la FIFA, 4% de la population mondiale jouait au foot. C’est près de 270 millions de fidèles.

Pas seulement célèbre, mais populaire, au sens qu’il galvanise des foules de gens ordinaires et qu’il les déconnecte de toute autre réalité.

Au sens où il n’y a pas de sport collectif plus facile à jouer.

Il suffit d’un ballon, de buts que l’on peut composer de deux sacs écartés de quelques pas l’un de l’autre et de joueurs passionnés.

Mais depuis un moment, le football se dénature. 

Voilà quelques années que le foot s’est développé en une véritable industrie du spectacle et que la logique marchande, à laquelle rien n’échappe, s’est emparée progressivement de cette exceptionnelle culture populaire.

Pour illustration, l’organisation de la coupe du monde 2018 coûtera près de 14 milliards de dollars canadiens et l’industrie footballistique générait plus de 900 milliards de dollars en 2015.

De même, les droits TV atteignent des sommes astronomiques, comme le démontrent les 10,6 milliards de dollars demandés par la Premier League anglaise pour la période 2016-2019.

Il faut dire que sur les deux dernières coupes du monde, on a atteint une moyenne de 3,2 milliards de téléspectateurs.

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Comme le note le philosophe Jean-Claude Michéa dans son remarquable ouvrage Le plus beau but était une passe, «ce sport est devenu, en quelques décennies, l'un des rouages les plus importants de l'industrie mondiale du divertissement – à la fois source de profits fabuleux et instrument efficace du soft power».

Des joueurs-célébrités

Les joueurs sont devenus, à quelques vibrantes exceptions près, des mercenaires proposant leurs services au plus offrant.

L’un des exemples récents et révélateurs est celui du Brésilien Neymar, transféré au Paris Saint-Germain pour près de 340 millions de dollars et dont les frasques au cours de la saison ont montré ce que le foot mercenaire peut comporter de dérives.

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En 2017, 8,28 milliards de dollars ont été dépensés en transferts de joueurs dans le foot professionnel.

Les célébrités du foot sont autant présentes dans les magazines sportifs que dans les revues People et leur train de vie, bien que mesuré par les entraînements et une certaine discipline, est fastueux et opulent.

Supporters contre spectateurs

Dans les stades, l’affolement des supporters a laissé progressivement place à l’indolence des spectateurs d’aujourd’hui, venus contempler plutôt que supporter, se divertir plutôt que de se tordre les nerfs et les cordes vocales sur l’analyse du jeu.

Les prix augmentent, mais la valeur se perd. Le Paris Saint-Germain a augmenté ses prix de plus de 100% pour les abonnements de saison entre 2011 et 2017, suite à l’arrivée de ses nouveaux propriétaires qataris. 

Pourtant, malgré l’ingérence capitaliste dans le foot, il reste des pépites, des instants magiques où l’authenticité du jeu, la beauté du geste et la passion se mélangent. 

Malgré l’aseptisation des stades, des millions de supporters restent actifs, chantant, criant, mettant en mouvement toute cette culture du foot populaire.

Certains spectateurs deviennent même des supporters.

Et nous restons, comme le disait Eduardo Galeano, des «mendiants du beau jeu».

 

Dans ce vidéo, les supporters du Liverpool FC chantent leur mythique "You'll Never Walk Alone". 

 

 

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