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Utiliser l’art pour créer des ponts

Utiliser l’art pour créer des ponts
Frédéric T. Muckle / 24H

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Le Vieux-Montréal renouera avec ses racines ancestrales ce week-end dans le cadre d’un festival d’arts autochtones.

Que ce soit avec une danse traditionnelle participative ou une initiation à langue innue, les Rendez-vous des arts métissés qui se dérouleront autour de la place Jacques Cartier du 15 au 17 juin visent à mettre de l’avant les cultures et valeurs autochtones en permettant aux festivaliers de s’y immerger aux côtés de plus de 50 artistes, dont Shauit et Nina Segalowitz.

«Beaucoup de ce qu’on a comme identité québécoise ou canadienne, ça vient d’une racine autochtone», explique l’artiste métisse multidisciplinaire Moe Clark lorsqu’interrogée sur l’importance de tels festivals et la façon dont ceux-ci peuvent affecter la cause autochtone.

«On est encore mis de côté et marginalisé, mais on est encore ici, vivant et vibrant, souligne la femme présentement établie à Montréal. Les histoires se continuent et ne sont pas juste dans un musée, une réserve ou un pow-wow. On existe dans la ville, dans le parc, dans le métro.»

«L’important, c’est de souligner les endroits où l’on se connecte, ajoute la slameuse et chanteuse qui donnera un concert vendredi à 19 heures dans le cadre de la sixième édition du festival. Je trouve qu’à travers une expérience, qu’elle soit physique, spirituelle ou artistique, c’est parfois plus facile de traverser les frontières qui existent dans nos pensées, dans nos valeurs ou systèmes de croyances.»

Partager pour se comprendre

«On rend la culture autochtone accessible au grand public», résume quant à elle Nadine St-Louis, la fondatrice et directrice générale des Productions Feux Sacrés qui organisent l’événement.

«Souvent, le spectateur est passif, [...] il ne veut pas participer à l’intérieur de l’action du festival, [...] des gens se demandent s’ils ont le droit d’entrée et d’être là», observe Mme St-Louis qui croit que cette timidité émane d’un passé colonialiste qui compartimente la culture autochtone comme quelque chose strictement pour les autochtones.

«[Nous voulons] vraiment démocratiser la culture et dire que nos enseignements et la culture autochtone sont là pour tout le monde», continue Mme St-Louis.

En donnant permission au public d’entrer dans «ce grand cercle d’humanité», elle espère notamment aider les communautés à mieux se comprendre et possiblement se rapprocher.

«On se partage une ville, on se partage une culture, on se partage une histoire et c’est par l’art, je trouve, qu’on rassemble les gens», résume l’organisatrice.