/misc
Navigation

Cette année, j'ai rien à te donner, mon amour

Father's day. Happy family daughter hugging dad and laughs
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

J’ai pas de BBQ pour toi. J’ai pas non plus de set de clés Allen, ni de drill à te donner. J’ai oublié d’aller te chercher un bronto-steak pis je digère plus les côtes levées.

Tu vas devoir te contenter de te réveiller plus tard, dimanche matin, et des cadeaux que les enfants vont assurément t’avoir fait à l’école. Merci aux profs de primaire de penser bien plus loin que moi, qui prévois difficilement plus de 48 heures d’avance, depuis la naissance du p’tit dernier!

Je vais faire croire que j’ai une opinion arrêtée sur la marchandisation de la Fête des Pères, créée de toutes pièces pour faire acheter des certificats cadeaux de quincailleries, par les multinationales du bois traité, pour justifier le fait que j’avais zappé que ça s’en venait pis que j’ai oublié de t’acheter un cadeau.

Je vais te dire juste merci. C’est correct de même, hein?

Merci, d’être mon meilleur ami, celui à qui je peux tout dire sans avoir peur d’être jugée. Non je corrige : celui à qui je peux tout dire, et qui va assurément me juger, me poser des questions et m’amener à réfléchir plus loin que le bout de mon nez. Merci de me pousser à grandir en tant qu’humaine. De croire en moi plus que moi-même je ne le fais.

Y’a juste avec toi que je ris à m’en étouffer, à faire des bruits de cochon en reprenant mon souffle. Y’a juste avec toi que je pleure de tout mon saoul, que j’hurle du plus profond de mon âme. Y’a juste toi qui le sait, quand ça va pas. T’es le seul à avoir un rayon X de mes états d’âmes. Et je me sens privilégiée de partager tes moments de folie, mon amour si adéquat.

Merci d’avoir décidé de m’aimer, pis que t’allais me convaincre qu’on serait les plus beaux pis le meilleur match l’un pour l’autre. T’as tellement bien fait ça, que j’ai rien vu aller. T’es apparu dans ma vie comme une évidence, en me demandant en mariage, pis j’ai dit oui. Maudits fous, hein, mais on l’a fait pareil.

Tu m’as fait découvrir l’amour heureux, moi qui avait l’habitude des amours chiennes, de celles qui faisaient mal, inévitablement, malgré la bonne volonté. Tu m’as emmenée dans un monde de respect tranquille. Tu m’as fait poser mes pénates, pis tu m’as fait apprécier la douce passion. Celle que tout le monde souhaite. Sans grande cérémonie, mais remplie de petits feux d’artifices au quotidien.

Merci d’avoir réussi à me donner envie d’avoir des enfants. D’avoir fait naître en moi ce besoin de créer une famille avec toi, de m’avoir permis de découvrir cette fibre maternelle que je croyais inexistante et impossible à faire apparaître. Merci, magicien de ma vie, d’avoir activé cet instinct.

T’es là, quand ça part en couilles, quand ça va bien et quand ça dérape grave. Résilient, tu t’adaptes à nos enfants différents l’un de l’autre, et à leurs besoins qui changent en grandissant. Tu m’emmènes dans ton sillage.

Tu vas me dire que je me suis trompée de fête commerciale, que la Saint-Valentin est pas en juin, pis que je suis supposée de faire une ode au père extraordinaire que t’es, mais là c’est toi qui va te tromper.

T’es un bon père, à cause de tout ça aussi.

T’es un bon père, parce que tu es l’image de l’homme que je souhaite à mes fils de devenir : bon, généreux, droit et aimant.

T’es un bon père, parce que tu es un bon ami, un bon mari, un bon amant. T’es un bon père, parce que tu fais de moi une bonne mère.

Tu es le meilleur père que tes enfants pouvaient avoir. Avec tes défauts, avec les fois où tu hausses le ton, avec tes impatiences et ta passivité qui me font sortir de moi.

Parce que t’es un humain, d’abord et avant tout. Qui nous aime, ta famille. Et que c’est ce qui fait de toi le meilleur des papas.

T’as des travers, ça oui! Mais j’ai pas besoin de dire à tout le monde que tu laisses traîner tes bas partout sur le plancher, pis que tu fais pas le ménage aussi efficacement que je le voudrais, ça serait aussi cliché que de te dire que je vais te donner un BBQ, pis que tu vas me faire cuire des côtes levées.

C’est pour ça que je vais me contenter, pour la Fête des Pères, de te dire merci.