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La grande désertion

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Au Parti libéral du Québec (PLQ), ça se précipite vers la sortie. À quelques mois du scrutin du 1er octobre, les départs annoncés de ministres et de députés frôlent la vingtaine. En réaction, Philippe Couillard reprend toujours la même « ligne » : ces départs permettront un formidable « renouveau » au PLQ.

C’est pour quand ? Sa réponse : lors du déclenchement de la campagne. Ah bon ? En attendant, l’homme d’affaires Alexandre Taillefer et la fiscaliste Marwah Rizqy lui servent de hors-d’œuvre.

Le problème avec ce genre de promesse est qu’elle crée des attentes. Si le renouveau ne se matérialise pas, force sera de conclure qu’on ne peut jamais faire du neuf avec du vieux.

Dégagisme interne

Savez-vous quoi ? Avec ou sans renouveau d’une partie des candidats, c’est la recette libérale elle-même qui ne passe plus dans la population. Philippe Couillard peut toujours s’amuser à changer quelques cuistots dans la cuisine, le menu libéral – celui du vrai chef – est périmé.

Le dernier sondage Léger/LCN/Le Journal/Le Devoir le confirme brutalement. S’il faut faire montre de prudence quant à l’avance fulgurante de la CAQ et la déconfiture du PQ, un seul chiffre annonce toutefois la défaite des libéraux : 81 %. C’est le pourcentage-choc de francophones disant souhaiter un changement de gouvernement.

Périmé

Un autre glas sonne pour le PLQ : la santé et les soins aux personnes âgées. Selon le sondage, ce sont deux des quatre enjeux prioritaires de l’électorat. Or, le tandem Couillard-Barrette a échoué pitoyablement sur ces deux tableaux cruciaux pour une société vieillissante.

Bref, le premier ministre aura beau se faire tatouer le mot « renouveau » sur le front, les électeurs savent reconnaître une fin de régime quand ils en voient une.

Après tout, si le doux parfum d’un possible cinquième mandat en 15 ans titillait vraiment les narines sensibles des libéraux, ils seraient nettement moins nombreux à préparer leurs boîtes en sifflant.