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L’accès à l’avortement toujours très inégal dans le monde

L’accès à l’avortement toujours très inégal dans le monde
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Paris | L’avortement, dont la légalisation en Argentine a été votée jeudi par les députés avant d’être soumise aux sénateurs, reste interdit dans une vingtaine de pays dans le monde.

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Ailleurs, les législations varient, avec parfois d’importantes restrictions.

Interdiction totale

Au Salvador, où la législation anti-avortement est l’une des plus strictes du monde, deux cas récents ont suscité une forte émotion: deux femmes condamnées à 30 ans de réclusion pour une fausse couche, considérée par la justice comme un homicide, ont passé une dizaine d’années en prison avant de voir leur peine commuée.

Malte, où le catholicisme est religion d’Etat, reste le seul pays de l’Union européenne prohibant totalement l’interruption volontaire de grossesse. En cas d’infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison.

L’avortement est également illégal en Andorre et à Saint-Marin, qui sont en Europe, mais pas dans l’UE, ainsi qu’au Vatican.

Dans le reste du monde, l’IVG est interdit dans une quinzaine de pays: Congo, Egypte, Gabon, Guinée-Bissau, Madagascar, Mauritanie, RDC, Sénégal en Afrique; Honduras, Nicaragua, Salvador, Surinam, Haïti et République dominicaine en Amérique; Philippines, Palaos et Laos en Asie.

Accès restreint

Dans de nombreux pays, l’avortement est soumis à des conditions extrêmement restrictives.

Ainsi, l’IVG est accessible uniquement en cas de danger pour la vie de la mère dans des pays comme la Côte d’Ivoire, la Libye, l’Ouganda, le Soudan du Sud, l’Irak, le Liban, la Syrie, l’Afghanistan, le Yémen, le Bangladesh, la Birmanie, le Sri Lanka, le Guatemala, le Paraguay ou encore le Venezuela.

En Argentine, où les députés ont adopté jeudi à une courte majorité un projet de loi légalisant l’avortement durant les 14 premières semaines de grossesse, il n’est actuellement possible qu’en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Le texte doit encore être approuvé par le Sénat.

Au Brésil, l’accès à l’IVG est également très limité, en cas de viol, risque pour la mère ou grave malformation du foetus.

En septembre 2017, le Chili a mis fin à près de 30 ans d’interdiction totale de l’IVG, désormais autorisé dans trois cas précis: risque pour la vie de la mère, viol et non-viabilité du foetus.

En Corée du Sud, où l’avortement est illégal, sauf en cas de viol, d’inceste ou de menace pour la santé de la mère, la Cour constitutionnelle examine la constitutionnalité de cette loi, aujourd’hui rarement appliquée.

Un droit sous pression

Ce sont les femmes d’Europe et d’Amérique du Nord qui bénéficient des législations les plus libérales, avec quelques exceptions notables.

La République d’Irlande s’est prononcée fin mai par référendum en faveur d’une libéralisation de l’IVG, interdite jusqu’à maintenant (sauf en cas de danger mortel pour la mère). Une nouvelle législation est en cours d’élaboration.

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Contrairement au reste du Royaume-Uni où il est autorisé depuis 1967, l’avortement est illégal dans la province d’Irlande du Nord, même en cas de viol, inceste ou malformation grave du foetus. Il est autorisé uniquement si la grossesse menace la vie de la mère. Les contrevenantes risquent une peine d’emprisonnement à vie. Le 7 juin, la Cour suprême britannique, invoquant des questions de procédure, n’a pas tranché sur la légalité de cette interdiction, bien que la majorité des sages l’estiment contraire aux droits de l’Homme.

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Autre pays de l’UE disposant de lois très restrictives, la Pologne qui ne permet l’avortement qu’en cas de viol, inceste, danger pour la vie de la mère ou malformation irréversible du foetus. Début 2018, une tentative des ultraconservateurs de limiter encore l’accès à l’IVG a entraîné d’importantes manifestations à travers le pays.

Aux États-Unis, où l’avortement a été légalisé en 1973, le débat reste toujours vif entre les «pro-life» (anti-avortement) et les «pro-choice». Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les restrictions à ce droit ont tendance à se multiplier. Début mai, l’Iowa a adopté la loi la plus restrictive du pays, interdisant les avortements à partir du moment où les battements du coeur sont détectés, soit dès la sixième semaine de grossesse.

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