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Elle fonce dans une maison à 135 km/h: pas de casier parce qu’elle étudie en droit

Une famille de Montréal a eu tout un choc quand la jeune conductrice Melinda Kazandjian est entrée de plein fouet dans leur résidence, en décembre 2013.
Photo d'archives, Agence QMI Une famille de Montréal a eu tout un choc quand la jeune conductrice Melinda Kazandjian est entrée de plein fouet dans leur résidence, en décembre 2013.

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Une étudiante en droit qui a foncé dans une maison à 135 km/h, causant 400 000 $ de dommages, n’aura pas de casier judiciaire, afin de ne pas nuire à son avenir d’avocate.

« Un brillant avenir se dessine devant elle », a déclaré la juge Geneviève Graton en donnant une tape sur les doigts de Melinda Kazandjian, jeudi, au palais de justice de Montréal.

De l’avis de la magistrate, l’accusée de 29 ans ne méritait pas d’aller en prison pour sa conduite dangereuse ayant détruit une maison de l’ouest de l’île, en décembre 2013.

Forte émotion

Ce soir-là, Kazandjian revenait d’une fête avec son petit ami de l’époque. Selon l’accusée, celui-ci était abusif et l’insultait au point qu’elle n’a pas réalisé qu’elle filait à 135 km/h dans une zone limitée à 50 km/h.

« [Kazandjian] a déclaré avoir perdu le contrôle de ses émotions, puis de son véhicule », a rappelé la juge.

Les dommages ont été majeurs, puisque la terrible collision a pratiquement détruit la maison. Par chance, le couple qui habitait là avec trois enfants en bas âge venait tout juste d’aller se coucher et personne n’a été blessé. L’alcool n’était pas en cause.

Pour la Couronne, l’accusée devait recevoir de 9 à 12 mois d’incarcération. Les avocats de la défense Dylan Jones et Jeffrey Boro estimaient toutefois que leur cliente ne méritait pas de casier judiciaire.

C’est que la Montréalaise d’origine est un atout pour la société, avaient-ils plaidé, puisqu’elle a terminé une maîtrise en droit en Californie. Si la sentence a été prononcée presque cinq ans après le crime, c’était d’ailleurs pour lui permettre de finir ses études.

Travaux communautaires

« Des lettres impressionnantes ont été déposées à la cour faisant état de son sens des valeurs et de sa bonne conduite », a souligné la juge, qui a rappelé que Kazandjian avait même été choisie pour le discours de sa collation des grades.

Ainsi, selon la magistrate, une absolution dans ce cas-ci ne va pas à l’encontre de l’intérêt public. Par contre, Kazandjian devra quand même effectuer 240 heures de travaux communautaires, dans le cadre d’une probation de deux ans.

Elle devra également verser un dédommagement de 4000 $ aux victimes, ce qui représente 1 % des dommages qu’elle a causés.