/news/currentevents
Navigation

Une fillette de 8 ans forcée de rester à table et dans son urine 13 heures durant

Coup d'oeil sur cet article

Une fillette de 8 ans qui refusait de manger les choux de Bruxelles qu'on lui avait servis au souper a été forcée par son père à rester à table 13 heures durant, et ce, bien qu'elle se soit uriné dessus.

La jeune fille est demeurée assise sur sa chaise jusqu’à 8 h le lendemain matin, une période de 13 heures au cours de laquelle son père lui a interdit de se lever pour se rendre aux toilettes, l'a empêchée de changer de vêtements après qu’elle se fut uriné dessus et l'a empêchée de s’endormir. Quand la jeune fille, au bout d’une nuit blanche particulièrement humiliante, a accepté de manger ses choux de Bruxelles, elle les a immédiatement vomis. Ce n’est qu’à ce moment que son père lui a permis de prendre une douche et d’aller se coucher.

Le père de famille, 42 ans et originaire de l’Outaouais, est enseignant en techniques de réadaptation sociale au niveau collégial. Il a été condamné à quatre mois de prison à purger dans la collectivité après avoir plaidé coupable à une accusation réduite de séquestration. On ne peut le nommer, afin de protéger l’identité de sa fille.

Le père a voulu la «casser»

Dans un échange de messages texte entre le père et la mère de l’enfant le lendemain matin – le couple est séparé depuis plusieurs années –, l’accusé relate en détail les événements de la soirée et explique qu'il a voulu «casser» sa fille.

«J’ai voulu la casser, mais je qualifierais ça plus comme un match nul qu’une victoire. Elle voulait pas manger ses choux de Bruxelles. Je lui ai interdit de se lever de table», écrit-il d’abord.

«Exténuée, en hypothermie dans sa pisse et braillant pour dormir, on a fini par avoir un deal (j’ai concédé plus que souhaité), poursuit-il. Elle a vomi les choux avalés. Il lui en restait un dans l’assiette. Elle sait qu’elle va le manger en se levant.»

La mère, qui n’a pas exprimé d’opposition dans l’échange de textos, a décrit, dans sa déclaration, comment sa fille a été «traumatisée» par les méthodes de son père.

«Elle pense que tous les parents utilisent la violence pour être autoritaires et que c’est normal. Elle a peur de son père et ne lui fait pas confiance.»

Des conséquences «cruelles»

Dans son jugement, le juge Jean-François Gosselin qualifie de «cruelles» les méthodes éducatives «discutables» de l’accusé, confirmant que la fillette a été «humiliée» et «maltraitée».

«Le fait de ne pas manger son souper jusqu’à la dernière bouchée ne saurait d’aucune manière justifier l’avalanche de ce que monsieur nomme pudiquement des conséquences, mais qui dans les faits sont autant de gestes de maltraitance.»

«À ce moment, ce n’est pas l’enfant, qui a à peine l’âge de raison, qui doit être tenue pour responsable ou coresponsable de cette cruauté: c’est plutôt l’adulte, en principe doué de raison, qui a perdu tout discernement», indique le magistrat.

D’abord accusé de séquestration, de voies de fait et d'agression armée, l’homme a plaidé coupable à une accusation réduite de séquestration. Il a finalement été condamné en janvier à quatre mois de prison à purger dans la collectivité, à verser 500 $ à un organisme de charité et à effectuer 50 heures de travaux communautaires.

Le père demandait à la cour une absolution conditionnelle afin que cette histoire ne nuise pas à sa carrière de professeur. Le juge Gosselin a rejeté les arguments de l’accusé. Ce dernier rejetait une partie de la faute sur le comportement de sa fille et, faisant allusion à sa profession, soutenait qu’il s’agissait d’une histoire de «cordonnier mal chaussé».

«Non seulement [l’accusé], qui détient une maîtrise en éducation spécialisée, connaît-il parfaitement les règles de l’art en la matière, mais il les enseigne.»