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Des recommandations pour mettre fin à la surreprésentation des femmes autochtones en prison

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OTTAWA | Soucieux de voir que les femmes autochtones sont surreprésentées dans le système carcéral canadien, le Comité permanent de la condition féminine a émis 96 recommandations pour inverser la tendance, mardi, au terme d'une étude d'un an.

Selon le Comité, 38 % des détenues dans les pénitenciers fédéraux sont des femmes autochtones, alors qu'elles ne forment que 5 % de la population féminine du Canada. Le pourcentage atteint même plus de 50 % dans les pénitenciers des régions des Prairies et du Pacifique.

Les femmes autochtones sont aussi de plus en plus nombreuses à purger une peine relevant du système correctionnel fédéral. Alors que le nombre de femmes dans les pénitenciers a augmenté de 30 % entre 2007 et 2016, le nombre de femmes autochtones qui s'y retrouvent a bondi de 60 %.

Le Comité, qui a entendu plus de 30 personnes, organisations et ministères pour rédiger son rapport de plus de 200 pages, estime que plusieurs facteurs contribuent à cette surreprésentation. Les parlementaires ont noté, entre autres problèmes qui affligent les femmes autochtones, «les traumatismes intergénérationnels; les violences physiques, psychologiques et sexuelles; la toxicomanie et les troubles de santé mentale; la pauvreté; et l’éloignement de leur propre culture et de leur langue».

Les Premières Nations, Métis et Inuits seraient aussi plus méfiants vis-à-vis des corps policiers et auraient plus difficilement accès au système judiciaire, notamment à l'aide juridique, a souligné le Comité.

Cette situation, qualifiée d'«intenable» dans le rapport, a mené à la formulation de 96 recommandations pour tenter «d’améliorer l’accès des femmes autochtones au système judiciaire fédéral et la manière dont elles y sont traitées, ainsi que le traitement de ces femmes dans le système correctionnel.»

Le Comité espère que l'adoption de ces recommandations permettra d'éliminer la surreprésentation des autochtones dans les pénitenciers fédéraux d'ici 2025.