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Manifestations: fini les policiers en civil au SPVM

L'inspecteur-chef à la division de la planification opérationnelle pour le SPVM Pascal Richard (gauche) et le commandant responsable du comité directeur en emploi de la force au SPVM Daniel Gervais (droite) ont participé mardi à une séance publique sur l'encadrement des manifestations à l'hôtel de ville de Montréal dans le cadre de la Commission de la sécurité publique.
Sarah Daoust-Braun / Agence QMI L'inspecteur-chef à la division de la planification opérationnelle pour le SPVM Pascal Richard (gauche) et le commandant responsable du comité directeur en emploi de la force au SPVM Daniel Gervais (droite) ont participé mardi à une séance publique sur l'encadrement des manifestations à l'hôtel de ville de Montréal dans le cadre de la Commission de la sécurité publique.

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Les policiers habillés en civil n’infiltrent plus les manifestations puisqu’il s’agit d’une stratégie «contre-productive» selon le SPVM, qui a d’ailleurs cessé de faire des arrestations de masse depuis environ deux ans.

«Ça crée une situation conflictuelle à certains égards entre les manifestants et les policiers lorsqu’ils sont démasqués. Ça place nos policiers en situation à risque où ils doivent réagir dans une situation de compression de temps et de moyens. Ça peut créer une escalade de moyens», a expliqué Pascal Richard, inspecteur à la division de la planification opérationnelle pour le SPVM.

Ce dernier était de passage mardi à l’hôtel de ville avec d’autres membres du corps policier pour livrer une présentation à la Commission de la sécurité publique sur l’encadrement des manifestations.

Aucun policier en civil n’a été déployé par le SPVM depuis décembre 2015. Le 18 décembre 2015, un policier en civil a dégainé son arme lors d’une manifestation contre l’austérité. Plusieurs agents ne portaient pas l’uniforme lors de cette soirée, qui a mené à l’arrestation de huit personnes.

Le SPVM n’a pas non plus exécuté depuis deux ans des arrestations de masse. «C’est vraiment en cas de dernier recours», a indiqué l’inspecteur du SPVM à la division des communications André Durocher.

Règlement P-6

Le service de police n’utilise plus depuis 2016 le règlement P-6 sur le contrôle des manifestations, alors que certains de ses articles ont été invalidés par les tribunaux.

Les manifestants montréalais ne sont par exemple plus obligés de fournir leur itinéraire au corps policier. «Quand on n’a pas le trajet, ça devient un autre défi pour nous de bloquer les rues. C’est sûr que ce volet-là pour nous ce n’est pas facilitant», a précisé Pascal Richard.

Le président de la commission de la sécurité publique Alex Norris a indiqué que le règlement n’était plus «de grande utilité» pour le SPVM.

Sa collègue Nathalie Goulet, responsable de la sécurité publique au comité exécutif, a d’ailleurs confirmé que l’abrogation du règlement était toujours dans les intentions de son parti Projet Montréal.

«On est en réflexion, a-t-elle déclaré. Comme on a vu qu’au sein même du SPVM on ne l’utilise plus, il y a matière à se questionner sur la poursuite [de ce règlement].»

Le SPVM se prépare d'ailleurs à la manifestation du 1er juillet du groupe d'extrême droite La Meute contre l'immigration illégale. Une autre manifestation antifasciste contre La Meute se déroulera au même moment. André Durocher a assuré que les policiers en service seront neutres, peu importe leur affiliation politique.