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400 ans de bières au Québec

Élyse Leduc, agente d’expositions à l’Île-des-Moulins, tient dans ses mains la bière de l’exposition, une pilsner brassée par la compagnie Mille-Îles.
Photo Simon Dessureault Élyse Leduc, agente d’expositions à l’Île-des-Moulins, tient dans ses mains la bière de l’exposition, une pilsner brassée par la compagnie Mille-Îles.

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Une exposition qui raconte 400 ans de bières au Québec se tient actuellement à l’Île-des-Moulins dans le Vieux-Terrebonne. L’exposition Frette ou tablette survole la production, la distribution et la consommation de l’époque de la Nouvelle-France à la période contemporaine des microbrasseries.

« À la suite de nos recherches, on a constaté qu’il n’y a jamais eu d’exposition réalisée sur l’histoire générale de la bière au Québec, a affirmé Élyse Leduc, agente d’expositions à l’Île-des-Moulins. Il n’y a eu que certaines expositions avec des thématiques ciblées. »

L’objectif de l’exposition est donc de démontrer que la bière est un trait distinctif de la société québécoise. « En tant qu’alcool bon marché, elle intègre le quotidien des travailleurs qui cherchent à décompresser en se plaçant au centre d’un des seuls moments de socialisation encore disponibles à l’ère de l’industrialisation, a expliqué Mme Leduc. C’est la transition entre l’usine et la sphère familiale. »

Une bouteille de bière en grès dans laquelle on buvait la bière, à l’époque de la Nouvelle-France.
Photo Simon Dessureault
Une bouteille de bière en grès dans laquelle on buvait la bière, à l’époque de la Nouvelle-France.

L’exposition démontre aussi que la consommation a permis le développement des classes ouvrières et des combats politiques. Par exemple, des ouvriers ont commencé des syndicats dans des tavernes.

Secrets historiques

Dès le début de la visite, on peut voir des reproductions des livres de comptes des Frères Charron, datant des années 1700. On apprend que les Sœurs Grises ont ensuite repris les activités de brassage des Frères Charron, qui ont fait faillite.

Mme Leduc mentionne qu’il est connu que les Sœurs Grises brassaient de la bière, mais pas qu’elles en tiraient du revenu.

« On a eu une surprise en fouillant dans les archives des Sœurs Grises, alors qu’on a des preuves écrites de ventes de bières, a-t-elle dit. Et il est clair que la bière s’est vendue en grande quantité, c’est assez surprenant. »

Brassée à la maison

La visite nous apprend également que la bière était brassée quotidiennement par les femmes à la maison, à l’époque de la Nouvelle-France. « La bière a été une façon de s’approvisionner en boissons alcoolisées pour tous, car le vin était destiné aux classes bourgeoises », raconte Mme Leduc.

Objets anciens

On croise aussi des objets anciens qui ont servi au brassage de la bière. C’est notamment le cas d’une jarre de 35 gallons pour la fermentation, qui aurait été transportée sur un radeau entre le Maine et la Beauce.

On peut aussi voir un fourquet en bois qui servait à mélanger le malt dans l’eau ainsi que des morceaux du plancher à trous pour le touraillage (Révolution industrielle du 18e et 19e siècle).


L’exposition se tient jusqu’au 3 septembre prochain.