/opinion/blogs/columnists
Navigation

SLAV : les ombres chinoises

Manifestation anti-SLAV
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

Quand j’étais jeune, mon cousin Réjean me terrorisait avec des ombres chinoises.

Il braquait le faisceau d’une lampe de poche vers le plafond de ma chambre, et agitait ses doigts devant la lumière. J’avais l’impression que la main d’une créature gigantesque descendait du ciel pour m’attraper.

Je courais me réfugier sous mon lit.

C’est ce qu’ont fait les boss du Festival de Jazz. Ils ont vu une grosse ombre s’agiter au-dessus d’eux, ils ont eu la frousse et ont annulé le spectacle SLAV.

Mais s’ils s’étaient retournés, ils se seraient rendu compte que la menace qui leur faisait si peur n’était pas aussi dangereuse qu’ils le pensaient.

Une poignée d’agités du bocal, tout au plus. 

On croit avoir affaire à des bêtes dangereuses, alors que ce ne sont que des tigres de papier, pour reprendre l’expression de Mao.

Rappelons-nous toujours cela : la force des zélés de la rectitude politique est d’abord notre faiblesse, notre lâcheté, notre incapacité à nous tenir debout et à défendre nos valeurs.

Plus on recule, plus ils avancent.

En reculant, en prenant leurs jambes à leur cou et en cédant à la menace d’un groupuscule de crinqués, les boss du Festival de Jazz ont encouragé des radicaux à se radicaliser encore plus, et à continuer de menacer d’autres artistes, d’autres festivals et d’autres organisateurs d’événements culturels.

Les crinqués ont remporté une autre manche dans leur guerre contre le bon sens et la liberté, pourquoi s’arrêteraient-ils ? On leur donne raison !

Je le répète: honte aux directeurs du Festival de Jazz. Et honte à nous.