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Festival international de jazz : Le bilan et le tsunami Slav

Festival international de jazz :  Le bilan et le tsunami Slav

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Avant d’apporter notre point de vue sur cette affaire qui a considérablement miné la 39e édition, voici quelques artistes qui nous ont rendus heureux. Prenons à contrepied le titre d’une célèbre chanson de Georges Brassens: Le temps ne fait rien à l’affaire, et les plus de 70 ans auront marqué cette 39e édition.


Herbie Hancock (78 ans).
Un groove d’enfer avec une relecture appropriée de la période des Headhunters. Toujours en avant de son époque, culminant avec des idées neuves, ce maître des claviers a presque transformé la salle Wilfrid-Pelletier en piste de danse.


Lonnie Smith (76 ans)
Sur le format d’une carte blanche et en trois soirs au Gésu, celui qui perpétue en quelque sorte la mémoire de Jimmy Smith, Jimmy Mc Griff et Richard «Groove» Holmes, nous a sorti la plus belle des panoplies de funk. «Incendiaire» avec le saxophoniste ténor Chris Potter et encore plus inventif avec son petit orchestre, il affichait le sourire conquérant d’un jeune homme.

Ry Cooder (71 ans)
Nous l’attendions, celui qui signa la trame sonore de Paris Texas et qui fut un des piliers de la renaissance du Buena Vista Social Club. Comme s’il était avec des amis de longue date, le guitariste et chanteur Ry Cooder nous a offert un voyage au cœur du blues et du folk. Du Mississippi aux terres de quelques déshérités, sa venue fut un baume pour l’esprit.

Benny Golson (89 ans)
Deux soirs au Upstairs pour celui qui composa, entre autres : Whisper Not, I Remember Clifford et Killer Joe. Quand l’histoire du jazz  s'écrit sous nos yeux et dans nos oreilles.


Dominique Fils-Aimé
Une voix gorgée de soul, beaucoup de talent et un disque : Nameless. Avec son cri du cœur, elle ira loin cette jeune dame.

Spanish Harlem Orchestra:
Par un soir de canicule, la grande place du Festival est devenue une piste de danse. Des cuivres pétaradants conjugués à une science exacte de la salsa, ce fut joyeux et endiablé.

L’affaire SLAV
En 28 ans de jazz, et je fais mention d’une couverture assidue, jamais je ne fus en présence d’un quelconque acte de racisme. Aux accusations souvent éhontées et douteuses proférées pendant cette douloureuse histoire, j’avais l’impression d’être en plein cœur des procès de Moscou avec de petits Vyshinsky qui réclamaient, haut et fort, la tête des concepteurs de SLAV. Ce fut un procès sur la place publique avant même que ces «Torquemada»  aient entrevu l’ombre de Betty Bonifassi. Taxer cette chanteuse de raciste, et par la bande d’appropriation culturelle, relève du délire obsessionnel. Depuis plus de dix ans, elle défend son projet, soit celui d’avoir presque exhumé ces chants d’esclaves et de prisonniers, fruit du travail de l’ethnologue américain Alan Lomax (qui fit l’objet de très sérieuses enquêtes de la part du FBI). SLAV, parce qu’il faut l’avoir vu avant d’émettre un avis, est tout sauf raciste. Cette odyssée au cœur de l’esclavage est une œuvre profondément humaine et touchante qui devrait être présentée dans toutes les écoles, tant la mémoire est volatile en notre siècle. Oui, il y avait des chanteuses afro-américaines sur scène, mais le pivot reste Betty Bonifassi avec sa voix qui vous hante, tellement elle est criante de vérité. Certes, ce fut une erreur de la part du Festival de jazz d’avoir cédé aux pressions, mais n’ayez crainte, d’autres prendront la relève comme le théâtre Gilles Vigneault à St- Jérôme et là, vous pourrez vous faire une idée précise, plutôt que celle d’un «quarteron»   qui sans trop savoir, juge tout !