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Couillard ne fait pas rire

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Quelle idée biscornue, s’abaisser en s’exposant aux questions d’une humoriste qui tripe sur les Backstreet Boys en espérant améliorer son image publique.

Cela en dit aussi long sur l’avidité politique de la personne qui s’est prêtée à ce jeu, c’est-à-dire Philippe Couillard, que sur notre époque qui glorifie la futilité au lieu de la combattre.

Je suis renversée que le premier ministre du Québec, un homme raffiné, d’une grande intelligence, très cultivé et conscient du solennel de sa fonction, se soit livré corps et âme à l’humoriste Marie-Lyne Joncas – c’est qui elle ? – qui n’a pas raté l’occasion de s’afficher comme femelle ignare : « pour moi, René Lévesque, c’est un boulevard ».

Le Zoofest présente de l’humour risqué. Plus près d’un Raymond Beaudoin des Bleu Poudre que d’Infoman dans la manière d’aborder les politiciens, à moins d’une entente entre les organisateurs et le premier ministre pour ne pas pousser la blague trop loin, M. Couillard s’est mis en péril. Pourquoi ?

Qui veut le savoir ?

Apprendre que M. Couillard aime la pizza toute garnie épicée va-t-il le rendre plus sympathique ? Se laisser appeler Philou (filou ?) pourrait-il améliorer le score libéral aux élections ? Dire que François Legault est « persistant » et Gaétan Barrette « bourru » serait faire preuve de transparence ? Non.

Pas plus que cet exercice de fausse proximité ne va redorer le blason de la politique. Au contraire.

Alors qu’un journaliste doit parfois galérer pour obtenir une réponse monosyllabique (un simple oui ou non) de l’attaché de presse d’un ministre de troisième zone, voir le premier ministre accorder une heure de son précieux temps pour badiner alors qu’un recours collectif vient d’être déposé contre les CHSLD pour maltraitance par le Conseil pour la protection des malades me donne la nausée.

Et ce n’est pas la chaleur.