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Sauver le monde... et les abeilles

Sauver le monde... et les abeilles
Photo courtoisie, Astrid di Crollalanza

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Auteur des best-sellers Les témoins de la mariée, Jules et Le retour de Jules, l’écrivain français Didier van Cauwelaert s’est demandé ce qui nous empêche de vivre libres et heureux dans J’ai perdu Albert. Dans ce nouveau roman à la fois drôle et tendre, l’esprit joueur de tours d’Albert Einstein est entré dans la tête de l’héroïne, Chloé, et lui en fait voir de toutes les couleurs !

À Princeton, le cerveau d’Albert Einstein, conservé dans le formol, s’ennuie. Pour tester ses dons, il est entré dans la tête de Chloé, petite. Elle est devenue une voyante extra-lucide, une star mondiale et une conseillère des grands de ce monde.

Un jour, Chloé croise Zac, garçon de café à Orly, et l’esprit d’Albert Einstein saute dans la conscience du jeune homme. Chloé et Zac tombent amoureux.

Mais alors que Chloé se désespère parce qu’elle a perdu ses dons, Zac ne sait pas quoi en faire et ne pense qu’à ses abeilles.

Zac, guidé par Albert Einstein qui veut faire comprendre ses théories aux jeunes générations, décide de sauver la planète et ses abeilles. Mais le cerveau d’Einstein ne s’arrête pas là... et peut-être que ses théories s’appliquent aussi au bonheur.

Adapté au cinéma

Les derniers mois ont été fort occupés pour Didier van Cauwelaert, avec le tournage et le montage de son film.

« J’ai tourné l’adaptation de J’ai perdu Albert avant la sortie du livre. C’était une année particulière pour moi », dit-il en entrevue.

Le film sortira le 12 septembre en France. « C’est vraiment le film que je voulais faire et je suis très content ! », ajoute-t-il en mentionnant que la distribution compte Julie Ferrier, Stéphane Plaza, Josiane Balasko et Bernard Le Coq. « Ils sont formidables ! »

« Quand j’ai écrit le livre, la version cinéma se faisait en même temps. C’est la première fois que ça arrive que le film sorte six mois après la sortie du livre. C’est très tôt. Mais je crois que ça va bien se passer. Les premières réactions sur le film sont très bonnes. »

L’écrivain s’intéresse au grand scientifique depuis longtemps. « Quand j’ai écrit La femme de nos vies, j’ai rencontré ce personnage d’Albert Einstein et il a commencé à me fasciner. Ce qu’a à dire Einstein sur notre monde d’aujourd’hui, sur les psychologies d’aujourd’hui, me paraît très important, par exemple sur le problème du désarmement et sur l’égalité de la femme », explique-t-il.

« C’était un grand féministe. Ce n’est pas nécessairement­­­ ce qu’on retient d’abord de lui, mais c’était le premier intellectuel à défendre la cause des Noirs, et des femmes noires en particulier. Dans les années 1930, une chanteuse noire venait chanter à l’université de Princeton. Aucun hôtel ne voulait l’accepter. Donc il l’a fait venir chez lui. Ça a fait sensation à l’époque. »

Les médiums

Didier van Cauwelaert a créé un personnage qui est médium... et il connaît des gens qui ont ce don.

« Je connais bien des médiums et celle qui a eu Einstein comme contact – en tout cas une conscience très proche de celle d’Einstein, avec des révélations sur une continuité de ses travaux posthumes. On est aussi dans une part de réalité : tout ce qu’a Einstein à nous dire sur les abeilles, c’est capital. »

Le cerveau d’Einstein, après avoir squatté la tête de Chloé, déménage dans celle de Zac, un apiculteur, dont il va sauver le destin. « Grâce à Zac, il va pouvoir empêcher la disparition des abeilles. »

Le message transmis dans son roman est très beau. « Je suis à la fois lucide et confiant : je raconte le monde tel qu’il est, mais il y a toujours une solution. »

  • Didier van Cauwelaert cumule les prix littéraires et le succès public depuis ses débuts.
  • Il a été lauréat du prix Goncourt en 1994 pour Un aller simple.
  • Son roman précédent, Le retour de Jules, a été adapté au cinéma.

EXTRAIT

J’ai perdu Albert, Éditions Albin Michel, 250 pages
Photo courtoisie
J’ai perdu Albert, Éditions Albin Michel, 250 pages

« L’absence d’Albert s’est transformée en état de manque insupportable. Cette solitude intérieure, je ne l’ai plus connue depuis mes douze ans. Depuis que la cohabitation forcée avec un prix Nobel a fait écran aux disputes de mes parents, à ma peur des garçons, à la bêtise ambiante, aux jalousies comme aux rejets que je suscite. Je ne peux pas vivre sans Albert. Je ne suis plus qu’une coquille vide. Me mettre en danger à cause de lui devant des millions de personnes, je ne vois pas d’autre moyen pour l’obliger à revenir. »

– Didier van Cauwelaert, J’ai perdu Albert