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La vie de tournée
avec les 2Frères

CHANDLER | Ils ont beau avoir vendu plus de 140 000 exemplaires de leurs albums Nous autres et La route, la vie des 2Frères en tournée n’a rien d’extravagant, a constaté Le Journal grâce à un accès privilégié aux coulisses d’une récente série de concerts dans l'Est du Québec.

L’authenticité qui se dégage des chansons d’Érik et Sonny Caouette, ce n’est vraiment pas de la frime.

Durant ce périple de 1800 kilomètres répartis sur sept jours, qui nous a conduits de Chandler à Dégelis, en passant par Amqui, Rimouski et Rivière-du-Loup, jamais ils n’ont dit non aux nombreuses demandes de leurs fans pour une photo, un autographe ou même un câlin.

À l’hôtel ou dans un bar, dans les couloirs d’une école ou le sous-sol d’une salle de spectacle, ils sont toujours disponibles. Et Dieu sait s’ils sont sollicités.

Mieux, ce sont souvent eux-mêmes qui proposent de prendre une photo quand ils constatent qu’un ou une fan est trop timide pour la demander.

«Moins glamour que les gens pensent»

Avec les 2Frères, oubliez la vie des gens riches et célèbres.

Chaque jour, c’est la même routine pour les frangins, leurs trois musiciens, le directeur de tournée et Marie-Jeanne, la copine d’Érik (et fille d’Annie Brocoli), qui est en charge de la vente de produits dérivés.

Après le concert de la veille, habituellement suivi d’une sortie dans un bar local, tout le monde se réveille en fin d’avant-midi. On ingurgite rapidement son déjeuner et on roule vers la ville suivante.

Une fois sur place, en début d’après-midi, on laisse les valises à l’hôtel pour prendre la direction de la salle de spectacles où se trouvent déjà les trois techniciens de la tournée, prêts pour le test de son. Puis, c’est le souper, le concert et on recommence le lendemain.

«C’est moins glamour que les gens pensent mais c’est quand même une belle vie», observe Sonny.

«C'est le fun de faire de la route»

L’équipe du Journal, constituée d’un journaliste et un photographe, a été accueillie à bras ouverts par Érik, Sonny et leur entourage. Après vingt-quatre heures à leur côté, on avait le sentiment de faire partie du clan. Nous partagions avec eux tous les repas, les sorties après les concerts et les blagues pas racontables lancées dans les loges avant les concerts.

«C’est ce qu’on incarne. On voulait être le plus naturel possible et une part de notre succès vient de cette authenticité qu’on dégage. Je ne pense pas qu’on pourrait simuler ça tout ce temps», explique Érik, l’aîné du duo.

Au point où même s’ils devenaient millionnaires, ils ne changeraient probablement rien. Un avion pour aller jouer dans les régions éloignées? Bof!

«C’est le fun de faire de la route», convient Sonny.

Et ça permet de garder les deux pieds sur terre, tout près de leurs fans.

Confidences sur la route, entre deux hôtels

Q : Vous avez commencé votre carrière dans les bars. Quelle est la plus grande différence depuis que vous jouez dans le réseau des salles de spectacles?

Sonny : La plus grosse différence que je remarque, c’est que les gens sont assis, ils écoutent et ils ne sont pas tout le temps saouls.

Érik : La principale différence pour moi, ce sont les conditions qui sont bien meilleures depuis qu’on fait la tournée en salles…

S : … genre, on ne dort plus dans la même chambre (rires).

É : …mais on court beaucoup plus. Pendant six ans, on jouait à Sept-Îles entre dix et quinze fois par année, mais deux weekends consécutifs. Nous étions donc à Sept-Îles pendant dix jours. On faisait trois spectacles, quatre jours de congé, puis trois spectacles. On avait le temps de profiter de la région et on s’est fait beaucoup d’amis partout où nous sommes allés. Maintenant, c’est une ville après l’autre et ça ne nous donne pas tellement le temps de voir nos amis. C’est ce qui manque le plus de la tournée des bars.»

Q : Vous avez donc un bon réseau de contacts?

S : Érik et moi avons toujours été des gars sociables. Et nous avons toujours été beaucoup joués dans les régions, où les gens sont en général très amicaux, très familiaux. Par exemple, on arrivait au Havre-St-Pierre et on rencontrait quelqu’un dans le bar après avoir joué. On connaissait la personne depuis quinze minutes et le lendemain, elle nous offrait d’aller faire un tour sur les îles en bateau.

Q : Vous êtes tous les deux papas d’une fille de six ans. C’est difficile pour la famille, la vie de tournée?

É : La mienne me suivait en tournée, de zéro à 5 ans. Sa mère était notre gérante donc ce n’était pas difficile du tout pour moi. Maintenant, la petite va à l’école et sa mère et moi sommes séparés. Je vis donc ce que Sonny vit depuis la naissance de sa fille. Je comprends que c’est plus difficile.

S : C’est le prix à payer pour faire ce qu’on aime. Je ne me verrais pas faire autre chose. Mais quand je passe du temps avec ma fille, je suis là. Je suis présent. Ce n’est rien contre ma blonde parce que je l’aime, mais je m’ennuie tellement de ma fille que je ne me rends même pas compte que je m’ennuie de ma blonde.

Q : Le contact avec les gens est primordial pour vous?

S : On ne se tanne jamais de la reconnaissance des gens. Ça peut arriver qu’on fasse une signature d’autographes et que ça nous épuise physiquement, mais ça ne nous tanne pas parce que les gens ont littéralement le droit de vie ou de mort sur ta carrière. C’est quelque chose qui n’est pas nécessairement compris par tous les artistes. On considère que le public est notre employeur et on va toujours faire en sorte de bien l’entretenir. Ce n’est même pas un défi, on aime ça.

Q : Durant cette tournée, vous avez inclus beaucoup d’humour dans votre mise en scène signée Jérémy Demay.

É : On se rend compte que faire rire les gens, c’est une drogue encore plus forte que se faire chanter nos chansons. Mais on ne veut pas devenir humoristes.

S : Les gens payent pour écouter notre musique. À chaque fois qu’ils rient un petit peu, c’est un extra.

Q : L’argent est-il un sujet tabou pour vous?

S : Érik et moi n’avons jamais été des gars à l’argent. On a toujours voulu prioriser la qualité du spectacle, la qualité des musiciens et de tout ce qu’il y a autour. Ce qui t’amène au sommet, c’est le fait que les gens t’ont adopté. Ce qui permet d’y rester, c’est parce que tu as l’air d’être au sommet. C’est important de l’entretenir. Si on a assez d’argent pour vivre, pour faire vivre nos familles, payer nos maisons, nos autos, c’est correct.

É : J’ai monté mon rythme de vie à une hauteur qui n’est pas extravagante. J’ai une vieille maison, je suis bien. Tout ce que je veux, c’est payer mon rythme de vie, qui ressemble à celui de bien des gens qui font du 9 à 5.

Sur la route avec 2Frères
Photo Stevens Leblanc

Mardi 13 mars : Jour 1
CHANDLER (avec une saucette à Percé)

12h : Le Journal rejoint les 2Frères, qui sont déjà sur la route depuis une semaine.

Ils ont ratissé la Côte-Nord et les voilà à Chandler, en Gaspésie.

On met d’abord le cap sur Percé pour voir le rocher. Parce que la plupart des membres de l’équipe ne l’ont jamais vu en hiver.

Photo Stevens Leblanc

En chemin, c’est Érik qui met la musique. On se tape quelques classiques, dont As-tu du feu? (Beurre de peanut).

Une chorégraphie s’improvise au rythme de cette dernière et c’est l’hilarité dans le véhicule.

«On devrait en faire un bout dans le show de festival», lance Érik.

À Percé, on s’arrête pour quelques photos au sommet de la côte Surprise et on rebrousse chemin car les frères sont attendus pour une entrevue à la radio de Chandler.

13h50 : Avant d’aller à la station de radio, il faut arrêter à la salle de spectacle pour récupérer les guitares de Sonny et Érik.

Comme la salle est située dans l’école secondaire locale, leur présence ameute les élèves et les professeurs.

Surtout que Sonny s’amuse à faire crisser ses bottes en marchant dans le couloir.

- Hey, hey, il y a des élèves en classe…, lance une enseignante, avant de s’arrêter net en reconnaissant les visiteurs.

- Hé, bienvenue à Chandler en passant !»

En revenant sur leurs pas, les gars se font prendre en photos avec leurs jeunes admirateurs.

Photo Stevens Leblanc

La présence des vedettes crée une telle commotion que les profs se résignent à cesser l’enseignement pour la journée

«Nous n’avons aucun contrôle sur les élèves aujourd’hui», se résigne Émilie Doiron.

15h10 : En attendant le test de son, Érik jette un regard sur la salle, toute en pente. «J’aime les salles qui sont à pic. Tu vois tout le monde.»

19h : Après une pause pour le souper au restaurant de l’hôtel, c’est le retour à la salle de spectacle.

À part le guitariste Étienne Joly qui pratique seul dans une loge, le reste de la troupe relaxe dans une salle commune.

Les blagues échangées, malheureusement, ne peuvent être écrites dans un journal familial.

Quelques minutes avant que le rideau se lève, toute l’équipe forme un cercle pour le rituel d’avant-concert.

Photo Stevens Leblanc

00h: Le Bar de la 132 devait être fermé en ce mardi soir de mars.

Mais les 2Frères le font ouvrir en échange d’une invitation lancée aux fans d’aller les y rejoindre après le concert.

Sur place, les gars ne se font pas prier pour se joindre aux chansonniers.

Photo Stevens Leblanc

Érik, le plus actif, pige dans le répertoire des Colocs et de Bryan Adams, et y met tout son cœur durant sa reprise de La légende de Jean Batailleur.

Pour les quelques clients qui se sont déplacés, dont un conseiller municipal local, ce fut une belle occasion de voir de près les deux vedettes de la musique québécoise.

Photo Stevens Leblanc

Mercredi 14 mars : Jour 2
CHANDLER (mais finalement pas New Richmond)

9h : Une tempête paralyse la Gaspésie et la route 132 est fermée.

Au déjeuner, les techniciens, toujours les premiers réveillés car ce sont eux qui doivent rejoindre en premier la ville suivante pour assurer le montage de la scène, évaluent les chances de se rendre à New Richmond à temps pour le show.

Elles sont minces.

Photo Stevens Leblanc

13h50 : «Pour vrai, les boys, c’est seulement le deuxième show dans l’histoire des 2Frères qui est annulé», lance Sonny.

Érik et Sonny sortent à l’extérieur pour enregistrer une vidéo dans laquelle ils informent leurs fans de New Richmond de la nouvelle et annoncent qu’ils reprendront le concert le 15 septembre.

15h : Sonny et Érik nous rejoignent pour une entrevue filmée en vue de notre reportage.

Très affables, ils répondent à toutes nos questions sur la vie de tournée, la gestion familiale, leur rapport à l’argent, etc.

Photo Stevens Leblanc

«C’est qui les plus grosses vedettes avec qui tu as fait des entrevues?», me lance Sonny en terminant.

On jase de qui alors? Metallica. Je suis un journaliste de Québec, quand même.

16h30 : Chacun occupe le temps comme il peut. Sonny cherche une quincaillerie pour compléter son «set-up».

Dans une valise rigide, il a installé une télévision reliée à une console Nintendo d’époque.

Photo Stevens Leblanc

Il lui manque un câble de branchement pour compléter son système de jeu portable.

Complété, il lui suffira d’ouvrir la valise, de brancher un fil et Mario Bros apparaitra à l’écran.

Pendant ce temps, son frère et d’autres membres de l’équipe jouent au Jawa, un jeu de dés où le bluff est roi.

Jeudi 15 mars : Jour 3
AMQUI

15h : Après avoir déposé nos valises à l’hôtel, on se dirige vers le Centre communautaire d’Amqui. Michel, de Diffusion Mordicus, nous attend et les gars semblent heureux de revoir ce visage familier.

«Bienvenue dans notre salle improvisée», lance-t-il.

Depuis octobre, ce promoteur, qui attire une cinquantaine de spectacles par année dans la Matapédia, doit composer avec la fermeture de l’école secondaire, qui abrite la salle Jean-Cossette, parce qu’on est en train d’y faire disparaître toute trace d’amiante.

Une opération d’envergure, qui coûte quelques millions de dollars.

15h30 : Pendant le test de son, de jeunes filles épient les musiciens en se dissimulant derrière une porte.

Photo Stevens Leblanc

16h : «Le soundcheck m’a vraiment réveillé.» – Sonny, après avoir pourtant annoncé qu’il sautait le souper pour aller se reposer dans sa chambre.

Photo Stevens Leblanc

21h40 : Durant le concert, les frères demandent à une spectatrice de monter sur scène pour chanter Provocante.

Comme personne ne se manifeste, ils doivent passer au plan B et c’est Vincent, le responsable de l’équipement, qui s’exécute dans son déguisement de Marjo qui consiste en une perruque blonde, une camisole et une mini-jupe.

Photo Stevens Leblanc

Il se prête au jeu avec un malin plaisir. «J’assume totalement», dit-il.

00h : Après le concert, comme ça semble être la tradition, on se retrouve dans un bar de la place pour relaxer en prenant quelques consommations.

Cette fois, on peut profiter des tables de billard du bar de l’hôtel.

Photo Stevens Leblanc

Le duo formé d’Érik et Marie-Jeanne remporte une victoire in extremis face aux représentants du Journal lorsque le photographe Stevens s’empoche lamentablement sur une noire pourtant offerte sur un plateau d’argent.

Vendredi 16 mars. Jour 4
RIMOUSKI

Photo Stevens Leblanc

14h40 : Nous voilà à Rimouski, à la salle Desjardins-Telus, où une vingtaine de jeunes de Je raccroche, un organisme qui aide des décrocheurs de 16 à 30 ans à poursuivre des études, attendent Érik et Sonny pour un échange.

Les participants les questionnent sur leur parcours, leur vie de famille, leurs idoles.

Photo Stevens Leblanc

«Je suis un grand fan de Céline», dit Sonny. «Quand tu regardes son parcours, tu te rends compte que rien n’est impossible.»

Selon Érik, ce genre de rencontres n’est pas si rare. Les 2Frères acceptent généralement sans hésiter les invitations, conscients que raconter leur histoire peut faire une différence.

«Si tu peux en aider un…», confie-t-il.

22h09 : Le concert prend fin avec les dernières notes de Nous autres.

Le rituel veut qu’Érik lance sa guitare à Vincent, qui l’attrape au vol.

Ce soir, sûrement galvanisé par l’énergie de la foule, Érik tente de battre un record de distance.

Photo Stevens Leblanc

Vincent doit prendre un ou deux pas de recul pour saisir l’instrument.

Érik s’en rend compte et esquisse un sourire avant de rejoindre ses partenaires pour la traditionnelle photo d’après-concert.

22h30 : Comme ils le font après chaque concert, Sonny et Érik se prêtent avec gentillesse à une séance de photos et d’autographes dans le hall d’entrée de la salle de spectacle.

Photo Stevens Leblanc

Ce soir, étant donné que la salle rimouskoise peut accueillir plus de 900 personnes, la file d’admirateurs est longue.

Samedi 17 mars. Jour 5
RIVIÈRE-DU-LOUP

17h : Avant le concert, toute l’équipe est invitée à souper chez des amies.

Dans une ambiance de réveillon (il y avait un mini-sapin de Noël au milieu de la table), on se retrouve avec plus d’une vingtaine de convives chez France Rioux, surnommée Mom par les gars.

Photo Stevens Leblanc

C’est sa fille Marie-Hélène qui a connu les 2Frères lors d’un arrêt à Rivière-du-Loup à l’époque où ils faisaient la tournée des bars.

«Une amie m’avait suggéré d’aller voir deux chansonniers qui étaient pas mal bons. Après leur show, Sonny était venu me voir parce qu’il avait remarqué que j’étais la seule dans le bar qui écoutait.»

Les deux ont échangé leur numéro de téléphone. Comme ils vivaient pauvrement, les Rioux leur ont offert de casser la croûte chez Mom.

«Je leur ai donné à manger et, depuis, je les reçois quand ils viennent à Rivière-du-Loup», raconte France Rioux. Ce soir-là, les brochettes de poulet préparées par cette dame au grand cœur ont fait l’unanimité.

Photo Stevens Leblanc

00h30 : Tout le monde se retrouve au bar La p’tite grenouille pour faire la fête. L’endroit est achalandé et les demandes pour des photos avec Sonny et Érik se succèdent.

«Ce qui est le fun, me confie Érik, c’est que nos amis de l’époque des bars nous ont suivis après notre premier album. Ce n’est pas le cas pour tous les artistes.»

Les frères quittent après le last-call. Quelques membres de l’équipe étirent la nuit en retournant chez Mom où un snack de poutine est concocté. «On a épluché vingt livres de patates», relate le batteur, Luc Jr Bélisle.

Dimanche 18 mars. Jour 6
DÉGELIS

14h40 : Malgré le dodo aux – très – petites heures du matin, tout le monde est frais et dispo à l’arrivée de la délégation à Dégelis.

Photo Stevens Leblanc

Cette municipalité du Témiscouata a fait sa marque dans le milieu artistique grâce à son festival, le Tremplin, qui a vu défiler plusieurs talents dont Amélie Veille, Ingrid St-Pierre, Klô Pelgag, Maxime Landry et les humoristes André Sauvé et Philippe Laprise.

Dans la loge, Sonny est de bonne humeur mais ne peut s’empêcher de penser à sa fille, qu’il reverra demain.

«On a hâte d’être à la maison avec nos enfants et de se reposer», avoue-t-il.

19h : Avant de monter sur scène, les 2Frères acceptent de répondre aux questions d’une équipe de reporters en herbe de l’école secondaire locale.

Intimidée, l’une des deux intervieweuses bafouille mais, encouragée par Sonny et Érik, finit par poser la première question.

Photo Stevens Leblanc

Sonny raconte son pire mauvais coup et les chanteurs prodiguent aussi des conseils aux élèves qui participeront bientôt à Secondaire en spectacle.

Après l’entrevue, le jeune Liam, 7 ans, fait signer sa guitare.

Photo Stevens Leblanc

«Veux-tu une photo aussi?», lui offre Sonny. Trop gêné, il décline sans dire un mot.

22h15 : Le rideau est tombé et les 2Frères prennent une pause d’une vingtaine de minutes - «pour se chesser» comme aime dire Sonny sur scène – avant d’aller à la rencontre de leurs fans.

Photo Stevens Leblanc

Après deux semaines de tournée, la fatigue s’installe et Érik passerait son tour cette fois.

Mais le directeur de tournée Éric «Boutchy» Bouchard lui rappelle l’importance de ce contact privilégié pour leurs admirateurs.

Au retour, les deux gars sont enchantés de l’exercice.

Sonny a été charmé par un gamin qui n’avait pas la langue dans sa poche.

Après 14 jours sur la route, il est maintenant temps de rentrer à la maison.

Photo Stevens Leblanc