Érosion démocratique
J'ai en France des amis qui m'écrivent que ça ne doit pas être un bon moment pour vivre à Montréal, ce mois-ci. Mais pas du tout! Au contraire! Et c'est peut-être ça le pire!
Journal de Montréal
En 35 ans de carrière, Benoît Aubin a exploré la plupart des facettes du métier, comme reporter, chroniqueur ou directeur, dans des quotidiens, des magazines, et en télévision, en français et en anglais. Il a écrit dans La Presse, Montréal-Matin, The Gazette, The Globe and Mail, et dans des magazines, comme L’Actualité et Maclean’s. Il a été directeur de l’information au Devoir, à TVA et à Global TV.
Il est le récipiendaire d’une douzaine de prix d’excellence de la Fondation nationale des rédacteurs de magazines du Canada, de l’Association québécoise des éditeurs de magazines, et du prix Judith Jasmin d’excellence en journalisme. Il est le directeur des pages d’opinions et chroniqueur en chef du Journal de Montréal depuis août 2007.
Aubin fut le seul journaliste à monter à bord de l’avion qui ramenait la gymnaste Nadia Commaneci en Roumanie lors des Olympiques de Montréal en 1976 – son plus gros scoop. Il en a tiré un livre, et a aussi publié Chroniques de mauvaise humeur, en 1996.
J'ai en France des amis qui m'écrivent que ça ne doit pas être un bon moment pour vivre à Montréal, ce mois-ci. Mais pas du tout! Au contraire! Et c'est peut-être ça le pire!
Une manifestation, c’est un rassemblement de gens qui ont un message en commun et qui veulent se manifester, en défilant dans les rues, scandant des slogans et brandissant des pancartes.
Commentaire
Après tout ce que ces trois derniers mois de turbulences ont amené de charriage, de dérapages, de politicaillerie, de démagogie, de mensonges, de paranoïa, de manipulation, de contradictions, de sabotage, de colère, de confrontations, le Québec a besoin d’un « break ».
Les leaders étudiants avaient de la misère à masquer leur satisfaction, hier, après l’annonce surprise de la démission de leur principal adversaire.
J’ai tout fait pour trouver un sujet de chronique qui ne soit pas relié au grand dérapage sociopolitique québécois du printemps 2012 - que d’autres appellent le printemps érable. Rien à faire.
Confucius a écrit six siècles avant Jésus-Christ : « Si tu veux faire une révolution, commence par écrire un bon dictionnaire ».
Commentaire
La matinée d’enfer que nous avons vécue hier démontre à quel point une grande ville moderne, organisée et industrieuse comme Montréal - en fait, comment l’équilibre d’une société - est vulnérable, quand on décide de la saboter.
Dans les endroits malheureux où une vraie révolution s’impose, la dernière chose dont les citoyens ont besoin est de se faire expliquer pourquoi ils devraient faire la révolution. Ils le savent trop bien. Mais ici, au Québec?
Les guerres ne font pas que des morts, des victimes et des dégâts. Elles font aussi des héros, elles créent des opportunités; elles bouleversent nos habitudes de vie, nos façons de voir.
Commentaire
Je sais que vous êtes comme moi : plus capables, vraiment plus capables de supporter cette crise préfabriquée, et artificielle, qui est devenue un imbroglio syndicalo-socio-politique hors de contrôle et qui met en relief tout ce qui ne marche pas bien et n’est pas beau au Québec en ce moment.
ll y aura un an demain, un tsunami politique déferlait sur Ottawa, chamboulant le paysage politique canadien et sa dynamique. Depuis? Euh... Tranquille...
Pierre Bourgault, génial leader de gauche des années 1970, donnait cet avertissement à ses jeunes disciples trop impatients de changer la société : « Ce n’est pas tout d’avoir raison, il faut aussi gagner les batailles. »
Commentaire
Qu’arrive-t-il quand une force irrésistible se propulse contre un objet inamovible ? Cette question, qui intéresse d’abord les philosophes et les physiciens, décrit aussi parfaitement la situation politique au Québec cette semaine.
C’est Jean-Marc Léger le spécialiste de l’opinion, c’est lui qui a réalisé ce sondage illustrant la profonde méfiance des citoyens envers les gouvernements, les politiciens et ceux qui font affaire avec eux.
Le rire est le propre de l’homme, disait Rabelais. Les chiens ne rient pas parce que l’humour requiert une certaine perspective, un certain détachement.
commentaire
On craignait depuis le début de cette soi-disant grève des étudiants, qui pourrit le climat au Québec depuis plus de deux mois, que les casseurs masqués, remplaçant le carré rouge par le drapeau noir, ne sortent un jour de leurs trous pour semer la violence et la pagaille.
Après 30 ans, la seule question valable au sujet de la Constitution canadienne et de la Charte des droits et libertés, c’est : est-il arrivé une seule fois dans votre vie que l’une ou l’autre aient brimé une de vos aspirations raisonnables ?
Ils arborent le carré rouge comme leurs grands-parents pavoisaient avec la fleur de lys. Les grévistes étudiants d’aujourd’hui et leurs ancêtres boomers des années 1960 ont plusieurs points en commun.
Selon la Ligue des droits et libertés, le projet de la Ville de Montréal d’interdire aux manifestants de porter des masques qui camouflent leurs traits est une atteinte à leur liberté d’expression. Vraiment ? Euh, en fait, oui...
Si vous croyez encore que le mouvement de débrayage des étudiants au Québec est pour protester contre la hausse des frais de scolarité, détrompez-vous. Cela n’est que la partie visible de l’iceberg.
Le chasseur F-35 est un prodige du génie aéronautique, une machine d’une grande beauté, pratiquement indétectable et capable de vitesses folles pour surprendre ses cibles et les détruire.