Je crois au Parlement
Je serai désuet. Insupportablement ringard. Je crois au parlement. À la stabilité politique. Au débat démocratique. Pire : je crois qu’une société règle ses problèmes à l’Assemblée nationale et non dans la rue.
Journal de Montréal
Mathieu Bock-Côté est sociologue et chroniqueur. Il est notamment l’auteur de La dénationalisation tranquille : mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire, (Boréal, 2007), il est aussi l’auteur de Fin de cycle : aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012), à paraître en février.
Je serai désuet. Insupportablement ringard. Je crois au parlement. À la stabilité politique. Au débat démocratique. Pire : je crois qu’une société règle ses problèmes à l’Assemblée nationale et non dans la rue.
Hier, des voyous ont pris pour cible le métro de Montréal. C’était naturellement une cible privilégiée pour ceux qui voulaient radicaliser le désordre social.
Chez les indépendantistes, je fais partie d’une race bizarre : j’estime à la fois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Normalement, il faut choisir un des deux. Je n’ai jamais pu. Aujourd’hui, c’est du deuxième dont je vous parlerai. Parce qu’il est sorti de sa réserve la semaine dernière.
Le pourrissement de la situation politique est sans précédent. Comment la question des frais de scolarité a-t-elle pu dégénérer à ce point ? Elle révèle un malaise politique profond. Ni la gauche ni la droite n’en ont le monopole.
Le pourrissement de la situation politique est sans précédent. Comment la question des frais de scolarité a-t-elle pu dégénérer à ce point? Elle révèle un malaise politique profond. Ni la gauche, ni la droite n’en ont le monopole.
Marine Le Pen vient de faire 18 %. Elle ne s’est pas qualifiée pour le second tour, mais elle vient de donner une occasion historique au Front national. Son objectif ? Transformer ce parti protestataire venu de l’extrême droite la moins recommandable en parti respectable appelé à l’exercice du pouvoir.
Anders Breivik, c’est ce fanatique qui, en juillet 2011, a fait sauter une bombe au cœur d’Oslo, en plus d’abattre de sang-froid plusieurs dizaines de jeunes militants du Parti travailliste norvégien.
Je ne crois pas à l’utopisme, c’est-à-dire à la promesse d’une société parfaite. La pâte humaine n’est pas faite pour cela.
Je ne pense aucun bien de ceux qui jouent à la révolution et sont tentés par la violence. Aucun. Mais réduire la grève étudiante à quelques casseurs et apprentis Che Guevara, c’est ne rien comprendre à ce qui se passe au Québec.
Je ne pense aucun bien de ceux qui jouent à la révolution et sont tentés par la violence. Aucun. Mais réduire la grève étudiante à quelques casseurs et apprentis Che Guevara, c’est ne rien comprendre à ce qui se passe au Québec.
Trente ans. C’est court et c’est long. Court dans la vie d’un peuple. Long dans la vie d’un homme. En 30 ans, le Canada a changé profondément d’identité. Les constitutions ont la vie dure. Elles continuent d’influencer nos vies longtemps après que nous ayons oublié leurs origines.
Trente ans. C’est court et c’est long. Court dans la vie d’un peuple. Long dans la vie d’un homme. En trente ans, le Canada a changé profondément d’identité. Les constitutions ont la vie dure. Elles continuent d’influencer nos vies longtemps après que nous ayons oublié leurs origines.
Ok. Elle était facile. Vous l’avez deviné, je vous parlerai du phoque mécanique qui fait sa place dans le système de santé québécois. Je vous résume l’histoire. Elle en dit beaucoup à propos de ce qui ne va pas à notre époque.
Le 22 avril et le 6 mai se tiendront les deux tours de l’élection présidentielle française. À moins d’une surprise majeure, c’est Nicolas Sarkozy et François Hollande qui traverseront le premier tour et s’affronteront au second.
En élisant Thomas Mulcair, le NPD a parié sur une stratégie d’ouverture. Plutôt que de camper dans ses schèmes traditionnels en se repliant dans sa forteresse syndicale, il s’est posé comme pôle de rassemblement de la gauche canadienne.
Je résume la controverse. Mario Dumont révélait la semaine passée qu’un abattoir d’Olymel a converti sa production au rituel halal. Naturellement, certains s’en sont inquiétés. Parmi ceux-là, le PQ et la CAQ.
Le portrait de l’État québécois publié par le Journal est percutant. Il montre à quel point notre État est victime d’obésité morbide. Chacun s’indigne légitimement du coût astronomique d’une telle dérive.
La Coalition pour l’histoire vient de publier une nouvelle étude. Sa conclusion est simple : non seulement on enseigne de moins en moins l’histoire du Québec au secondaire, mais on l’enseigne de manière déformée.
À une époque où les Québécois francophones étaient victimes d’une terrible infériorité, les HEC ont porté un rêve : la prospérité en Amérique du Nord pouvait aussi être francophone. Oui, les HEC ont déjà été un symbole du nationalisme québécois le plus militant.
Politique | focus
Nous terminons un cycle historique. Celui amorcé avec la Révolution tranquille. Le Québec change. Ses repères sont déstabilisés. Notre société hésite entre la lassitude, le cynisme et la dépression. C’est ce malaise politique que j’ai cherché à comprendre dans Fin de cycle.