Au lieu de fusionner les scrutins
scolaires et municipaux,
comme elle semble vouloir le
faire, la ministre de l'Éducation
devrait plutôt éliminer
l'élection des commissaires
d'école et les remplacer par
des personnes nommées,
croit la Fédération québécoise
des municipalités (FQM).
«Il y a des problèmes en éducation
qui sont urgents à régler.
C'est là-dessus qu'il faudrait
mettre les énergies, davantage que
sur le souci de faire élire des commissaires
avec un mode d'élection
que plus personne ne veut avoir»,
tonne le président de la FQM, Bernard
Généreux, en entrevue au
Journal.
De plus en plus de signaux laissent
croire que les élections scolaires
et municipales se tiendront
en même temps, à compter de 2013.
La Fédération des commissions
scolaires mise sur ce changement
pour augmenter la participation
des citoyens lors des scrutins servant
à désigner les commissaires
d'école. En 2007, 7,9 % des électeurs
s'étaient déplacés pour choisir
leurs commissaires. Et deux
tiers d'entre eux avaient été élus
par acclamation.
Si Québec va de l'avant, chaque
électeur devra choisir simultanément
un maire, un conseiller, un
commissaire et un président de
commission scolaire
Officiellement,
le
cabinet de
la ministre
assure que
«tous les
scénarios»
sont «toujours à l'étude.»
Mais en privé, Michelle Courchesne
laisse entendre que les prochaines
élections scolaires auront
lieu en même temps que le scrutin
municipal de 2013, indiquent nos
sources.
Ce scénario irrite profondément
les regroupements de municipalités,
ainsi que les commissions
scolaires anglophones.
«Dans le monde municipal, les
gens sont perplexes devant cette
opération qui ressemble à de la panique
», dit Bernard Généreux.
Il croit que «les commissions
scolaires ont encore un rôle à
jouer», mais se demande pourquoi
le réseau de l'éducation ne fonctionnerait
pas comme celui de la
santé, en éliminant les commissaires
élus. «Ça m'étonnerait qu'il
y ait des manifestations dans la
rue parce que le gouvernement déciderait
de nommer les commissaires
plutôt que les faire élire,
ironise-t-il. De toute façon, il n'y a
plus personne qui les élit.»
L'Union des municipalités du
Québec (UMQ) est également opposée
à la fusion des élections scolaires
et municipales. L'UMQ estime
que l'exercice serait «complexe
», en raison des territoires
des villes et des commissions scolaires
qui sont fort différents.
«Avant de se lancer là-dedans, il
faudrait se demander comment on
peut augmenter la participation
aux élections municipales», juge
le porte-parole, François Sormany.
L'Association des commissions
scolaires anglophones croit que la
tenue simultanée des élections
scolaires et municipales «va être
pleine de difficultés logistiques.»
«Les territoires des commissions
scolaires anglophones sont
vastes. La CS Central Québec
compte 250 municipalités sur son
territoire», fait valoir Debbie Horrocks,
présidente de l'organisme.
«UN IMMENSE LOBBY»
Malgré les critiques des
municipalités, la Fédération
des commissions scolaires
du Québec (FCSQ) met tout
en oeuvre pour convaincre la
population du bien-fondé de
tenir les élections scolaires et
municipales en même temps.
L'organisme a commandé
un sondage, en décembre, qui
a révélé que 87 % de la population
serait favorable à ce
changement. Et, depuis
quelques mois, la FCSQ martèle
sans cesse des arguments
qui appuient cette idée.
C'est «un immense lobby», constate Bernard Généreux,
de la Fédération québécoise
des municipalités.
Hier encore, la FCSQ a
émis un communiqué pour
rappeler que la tenue simultanée
des scrutins scolaires
et municipaux existe déjà en
Ontario, une pratique qui
«coûte moins cher» et qui
«favorise l'intérêt des électeurs», plaide l'organisme.
La FCSQ souligne que
l'idée commence à faire du
chemin au Québec, alors que
la MRC de Bellechasse vient
d'adopter une résolution en
faveur de la tenue simultanée
des deux élections.
«Ceux qui mettent en doute
la faisabilité et l'opportunité
de tenir des élections
scolaires et municipales simultanées
n'ont plus d'arguments», tranche la présidente
de la Fédération, Josée
Bouchard.