Malgré l'état lamentable des finances
publiques, les syndicats d'enseignants
ont un appétit vorace, cette année. Si
le gouvernement acquiesçait à toutes
leurs demandes, cela coûterait aux
contribuables pas moins d'un milliard de
dollars. En plus des hausses de salaire.
Cette évaluation, c'est le président du Comité
patronal de négociation pour les commissions
scolaires francophones (CPNCF), Bernard Tremblay,
qui l'a faite hier, en entrevue au Journal.
Dans le cadre du renouvellement des conventions
collectives des profs, le CPNCF négocie, au
nom du gouvernement, les clauses concernant
l'organisation du travail. L'organisme n'intervient
pas sur les questions salariales, qui sont négociées
par le Conseil du Trésor.
Alors que le Québec croule sous le poids de sa
dette, les demandes des enseignants coûteraient
un milliard additionnel aux contribuables par
an, uniquement au chapitre des clauses normatives.
Pour arriver à ce montant, la partie patronale
s'est demandé à combien s'élèveraient les demandes
de la Fédération autonome de l'enseignement
(FAE), si elles étaient appliquées partout au
Québec.
La FAE, qui représente 26 000 profs, réclame
notamment «une baisse du nombre d'élèves dans
chaque classe», la mesure dont la mise en application
serait la plus coûteuse.
Déraisonnable
Une facture d'un milliard, c'est «clairement»
déraisonnable, tranche le président du CPNCF,
Bernard Tremblay. «Avant de penser ajouter des
sommes additionnelles, il faut regarder comment
on peut utiliser les sommes actuelles»,
martèle-t-il.
«Si on en vient à la conclusion que ça prendra
des investissements additionnels, on soumettra
la situation aux autorités gouvernementales, dit-il.
Ce sont elles qui savent ce qu'elles sont capables
de financer dans le contexte actuel.»
Bernard Tremblay reconnaît toutefois que la
longue liste d'épicerie des syndicats de profs
«vient illustrer un problème.»
«On est à une époque où il y a des problèmes
qui sont vécus par les enseignants, le personnel
de soutien ou professionnel, dit-il. On l'admet et
on est prêt à s'entendre et à trouver des solutions.»
«Mais il y a aussi des problèmes d'organisation
du travail, ajoute Bernard Tremblay. Ça aussi,
il faut être prêt à les entendre et à trouver des
solutions.»
Médiateur
Bernard Tremblay affirme que les négociations
entre les syndicats d'enseignants et la partie
patronale se déroulent rondement. Pourtant,
la FAE a reproché hier à ses interlocuteurs de
ralentir le processus.
Le syndicat a même demandé au ministre du
Travail de nommer un médiateur «afin de favoriser
des échanges constructifs et de tenter de
régler le différend constaté à la table de négociation.»
«Notre patience a des limites», s'est indigné
le président de la FAE, Pierre St-Germain, par
voie de communiqué. Bernard Tremblay croit
que l'arrivée d'un médiateur est «une bonne
chose, si la partie syndicale a l'impression qu'il
y a un blocage.»
-
Le CPNCF souhaite toujours s'entendre avec les
syndicats du réseau de l'éducation d'ici au 31
mars, indique Bernard Tremblay. À compter du 1er
avril, les syndiqués pourront légalement exercer
des moyens de pression.