Éducation | Négociations

Les demandes des profs coûteraient un milliard

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Sébastien Ménard

Journal de Montréal, Publié le:

Alors que le Québec croule sous le poids de sa
dette, les demandes des enseignants coûteraient
un milliard additionnel aux contribuables par
an, uniquement au chapitre des clauses normatives.

Alors que le Québec croule sous le poids de sa dette, les demandes des enseignants coûteraient un milliard additionnel aux contribuables par an, uniquement au chapitre des clauses normatives.

Malgré l'état lamentable des finances publiques, les syndicats d'enseignants ont un appétit vorace, cette année. Si le gouvernement acquiesçait à toutes leurs demandes, cela coûterait aux contribuables pas moins d'un milliard de dollars. En plus des hausses de salaire.

Cette évaluation, c'est le président du Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones (CPNCF), Bernard Tremblay, qui l'a faite hier, en entrevue au Journal.

Dans le cadre du renouvellement des conventions collectives des profs, le CPNCF négocie, au nom du gouvernement, les clauses concernant l'organisation du travail. L'organisme n'intervient pas sur les questions salariales, qui sont négociées par le Conseil du Trésor.

Alors que le Québec croule sous le poids de sa dette, les demandes des enseignants coûteraient un milliard additionnel aux contribuables par an, uniquement au chapitre des clauses normatives.

Pour arriver à ce montant, la partie patronale s'est demandé à combien s'élèveraient les demandes de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), si elles étaient appliquées partout au Québec.

La FAE, qui représente 26 000 profs, réclame notamment «une baisse du nombre d'élèves dans chaque classe», la mesure dont la mise en application serait la plus coûteuse.

Déraisonnable

Une facture d'un milliard, c'est «clairement» déraisonnable, tranche le président du CPNCF, Bernard Tremblay. «Avant de penser ajouter des sommes additionnelles, il faut regarder comment on peut utiliser les sommes actuelles», martèle-t-il.

«Si on en vient à la conclusion que ça prendra des investissements additionnels, on soumettra la situation aux autorités gouvernementales, dit-il. Ce sont elles qui savent ce qu'elles sont capables de financer dans le contexte actuel.»

Bernard Tremblay reconnaît toutefois que la longue liste d'épicerie des syndicats de profs «vient illustrer un problème.»

«On est à une époque où il y a des problèmes qui sont vécus par les enseignants, le personnel de soutien ou professionnel, dit-il. On l'admet et on est prêt à s'entendre et à trouver des solutions.»

«Mais il y a aussi des problèmes d'organisation du travail, ajoute Bernard Tremblay. Ça aussi, il faut être prêt à les entendre et à trouver des solutions.»

Médiateur

Bernard Tremblay affirme que les négociations entre les syndicats d'enseignants et la partie patronale se déroulent rondement. Pourtant, la FAE a reproché hier à ses interlocuteurs de ralentir le processus.

Le syndicat a même demandé au ministre du Travail de nommer un médiateur «afin de favoriser des échanges constructifs et de tenter de régler le différend constaté à la table de négociation.»

«Notre patience a des limites», s'est indigné le président de la FAE, Pierre St-Germain, par voie de communiqué. Bernard Tremblay croit que l'arrivée d'un médiateur est «une bonne chose, si la partie syndicale a l'impression qu'il y a un blocage.»


  • Le CPNCF souhaite toujours s'entendre avec les syndicats du réseau de l'éducation d'ici au 31 mars, indique Bernard Tremblay. À compter du 1er avril, les syndiqués pourront légalement exercer des moyens de pression.