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Des commissions scolaires sont rappelées à l'ordre

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Sébastien Ménard

Journal de Montréal, Publié le:

Les coûteux lac-à-l'épaule et partys de Noël organisés par des commissions scolaires, l'an dernier, dérangent la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui les somme de «faire preuve de rigueur» dans leur gestion des fonds publics.

«La ministre espère que les commissions scolaires vont comprendre le message », lance son attachée de presse, Tamara Davis.

Samedi dernier, le Journal levait le voile sur des dépenses pour le moins étonnantes effectuées par des commissions scolaires, en 2009.

Selon des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, 40 commissions scolaires ont dépensé 118 000 $ de fonds publics, l'an dernier, pour organiser des «lac-à-l'épaule» et des partys de Noël.

Alors que les écoles manquent de ressources pour encadrer les élèves en difficulté, une commission scolaire n'a eu aucun problème à embaucher un «psychologue industriel», qui avait le mandat d'organiser une journée de réflexion pour aider ses commissaires «à se recentrer».

Cet expert, qui touchait 100 $ par heure, a facturé pas moins de 42,5 heures de travail pour mener à bien sa mission.

Deux autres commissions scolaires ont eu recours à des «consultants» externes, gagnant respectivement 75 $ par heure et 1 300 $ par jour, pour effectuer des mandats similaires.

Le Journal a aussi révélé que certaines de ces rencontres se tiennent dans des centres de villégiature loin d'être abordables.

Une commission scolaire a ainsi dépensé près de 14 000 $ pour réunir, le temps d'un week-end, 27 commissaires et gestionnaires dans une auberge quatre étoiles.

Gestion responsable

Michelle Courchesne n'a pas apprécié lire les révélations du Journal de Montréal, samedi dernier.

«Le financement que les commissions scolaires reçoivent du gouvernement doit servir à la réalisation de leur mission première, soit d'offrir un environnement éducatif propice aux élèves», insiste son attachée de presse, Tamara Davis.

«Les commissions scolaires ont le devoir de gérer de façon responsable les fonds publics qu'elles reçoivent du gouvernement ou qu'elles perçoivent grâce à la taxe scolaire», ajoute-t-elle.


DES DÉPENSES ÉTONNANTES

13 694,56 $

C'est la somme qu'a payée la CS de la Rivière-du-Nord, dans les Laurentides, pour loger 27 gestionnaires et commissaires au Grand Lodge de Mont-Tremblant, en novembre dernier.

7 684,53 $

La CS des Grandes-Seigneuries, sur la Rive-Sud, a dépensé ce montant lors du party de Noël de ses 85 commissaires et gestionnaires, tenu dans un club de golf. L'organisme, qui possède 52 établissements, assure ne disposer d'aucun local adéquat pour la tenue d'un tel événement.

4 984,51 $

Ce sont les honoraires du psychologue industriel embauché par la CS du Val-des-Cerfs, en Estrie, pour organiser un «lac-à-l'épaule», le 5 décembre dernier.

2 201,06 $

La CS de Rouyn-Noranda a dépensé ce montant pour embaucher un consultant externe facturant 1 300 $ par jour pour lui organiser un «lac-à-l'épaule».

1 224,60 $

C'est ce qu'a déboursé la CS de la Région-de-Sherbrooke en embauchant un consultant externe gagnant 75 $ par heure. Son mandat était aussi d'organiser un «lac-à-l'épaule».