«J'ai pas d'attente envers moi-même.
Je me donne le droit de
craquer, d'être vulnérable,
d'être perdue.»
Voilà de quelle façon l'ex-conjointe
du cardiologue Guy Turcotte et mère
des deux victimes, Isabelle Gaston,
entrevoyait sa participation au
processus judiciaire, lors d'une entrevue
qu'elle accordait au Journal
en décembre.
La femme de 37 ans doit témoigner
aujourd'hui, à l'enquête préliminaire
de Turcotte, accusé des meurtres au
premier de gré de leurs enfants,
Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie,
trois ans, survenus à Piedmont, le
20 février 2009.
Un témoignage fort attendu et qui
risque d'être fort en émotions.
On sait que le couple s'était séparé
peu avant le crime, une séparation
qui allait pourtant bien, avait-elle
évalué.
Impossible de pardonner
La femme, qui travaille comme
urgentologue à l'hôpital de
Saint-Jérôme et qui était
aussi collègue de l'accusé,
estimait ne pas pouvoir
pardonner à l'auteur du
crime.
«Ce serait Olivier et Anne-
Sophie qui pourraient
pardonner, disait-elle. Je ne
peux pas le faire à leur place.
J'aurais l'impression de
les trahir.»
Lors de l'entrevue qu'elle
accordait au Journal, Isabelle
Gaston affirmait croire en la
justice, au bon sens des jurés.
Pas de vengeance
Mais pendant ce temps, peu importe
l'issue des procédures judiciaires,
elle affirmait : «ma sentence, je vais
la vivre à vie».
Malgré tout, Mme Gaston ne souhaite
pas de mal à l'auteur du crime.
«Je ne suis pas vengeresse, ditelle.
Ça va surprendre les gens, mais
ça ne me donne aucun bien de penser
qu'en prison, il peut avoir du temps
dur.»
L'enquête préliminaire
de Guy Turcotte, qui se
tient devant le juge François
Beaudoin, au palais de
justice de Saint-Jérôme, en
sera à son quatrième jour
aujourd'hui. Isabelle Gaston
sera le 10e témoin.
Rappelons que mercredi,
l'accusé a craqué et s'est
effondré dans le box des accusés,
alors qu'un expert
expliquait son interprétation
de comment se sont
déroulés les meurtres des deux
enfants.
L'exercice est frappé d'une ordonnance
de non-publication qui vise à
faire en sorte que les éventuels jurés
de cette cause n'aient pas connaissance
de la preuve accumulée contre
l'accusé.