Justice meurtres

«Je me donne le droit d'être vulnérable» - Isabelle Gaston

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Marc Pigeon

Journal de Montréal, Publié le:

Le cardiologue Guy Turcotte, 37 ans, est accusé des meurtres de ses deux enfants.

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Le cardiologue Guy Turcotte, 37 ans, est accusé des meurtres de ses deux enfants.

«J'ai pas d'attente envers moi-même. Je me donne le droit de craquer, d'être vulnérable, d'être perdue.»

Voilà de quelle façon l'ex-conjointe du cardiologue Guy Turcotte et mère des deux victimes, Isabelle Gaston, entrevoyait sa participation au processus judiciaire, lors d'une entrevue qu'elle accordait au Journal en décembre.

La femme de 37 ans doit témoigner aujourd'hui, à l'enquête préliminaire de Turcotte, accusé des meurtres au premier de gré de leurs enfants, Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans, survenus à Piedmont, le 20 février 2009.

Un témoignage fort attendu et qui risque d'être fort en émotions.

On sait que le couple s'était séparé peu avant le crime, une séparation qui allait pourtant bien, avait-elle évalué.

Impossible de pardonner

La femme, qui travaille comme urgentologue à l'hôpital de Saint-Jérôme et qui était aussi collègue de l'accusé, estimait ne pas pouvoir pardonner à l'auteur du crime.

«Ce serait Olivier et Anne- Sophie qui pourraient pardonner, disait-elle. Je ne peux pas le faire à leur place. J'aurais l'impression de les trahir.»

Lors de l'entrevue qu'elle accordait au Journal, Isabelle Gaston affirmait croire en la justice, au bon sens des jurés.

Pas de vengeance

Mais pendant ce temps, peu importe l'issue des procédures judiciaires, elle affirmait : «ma sentence, je vais la vivre à vie».

Malgré tout, Mme Gaston ne souhaite pas de mal à l'auteur du crime.

«Je ne suis pas vengeresse, ditelle. Ça va surprendre les gens, mais ça ne me donne aucun bien de penser qu'en prison, il peut avoir du temps dur.»

L'enquête préliminaire de Guy Turcotte, qui se tient devant le juge François Beaudoin, au palais de justice de Saint-Jérôme, en sera à son quatrième jour aujourd'hui. Isabelle Gaston sera le 10e témoin.

Rappelons que mercredi, l'accusé a craqué et s'est effondré dans le box des accusés, alors qu'un expert expliquait son interprétation de comment se sont déroulés les meurtres des deux enfants.

L'exercice est frappé d'une ordonnance de non-publication qui vise à faire en sorte que les éventuels jurés de cette cause n'aient pas connaissance de la preuve accumulée contre l'accusé.