Automobile | Arnaque

Il trouve les fraudeurs, mais la police ne fait rien

Serge Labrosse
Le Journal de Montréal

Publié le:

Un commerçant de Montréal, trois fois victime de tentative de fraude, affirme être incapable de retenir l'attention de la police sur son cas, bien qu'il croie avoir identifié l'organisation impliquée.

«J'ai appelé la police de Montréal, la SQ et la GRC. Ils m'ont renvoyé l'un à l'autre et dit qu'ils ne pouvaient pas intervenir.»

Cet homme d'affaires, c'est Sylvain Gagnon, propriétaire de Mike Auto, qui a pignon sur rue dans le nord de la métropole, rue Lajeunesse. Il s'inquiète de ne pouvoir se protéger - et protéger d'autres commerçants et consommateurs - sollicités par l'organisation criminelle.

Les tentatives de fraude se seraient étalées sur plusieurs mois.

Informée par les petites annonces sur Internet qu'il avait des véhicules à vendre, une interlocutrice a pris contact par téléphone et proposé une première fois d'acheter une automobile par carte de crédit, «sans même chercher à voir d'abord l'auto», souligne M. Gagnon. Cela l'a alerté.

«J'ai eu le réflexe de vérifier auprès de la banque et sa carte n'était pas bonne. Je l'ai rappelée, elle m'a répondu que ça ne se pouvait pas, qu'elle allait vérifier avec sa banque. Elle n'a pas rappelé cette fois-là.»

Fraudeuse insistante

Mais plus tard, deux fois encore, l'interlocutrice, reconnaissable à sa voix, a rappelé jusqu'à trois mois plus tard.

«La deuxième fois, j'ai demandé une copie de son permis de conduire et elle n'a pas voulu. La troisième fois, j'ai fait un test en prélevant juste 100 $ sur la carte MBNA. Ça a passé pour une aussi petite somme. Mais j'ai demandé à la cliente une copie recto verso de sa carte de crédit, et le service des fraudes de la MBNA m'a répondu que c'était une fraude. Le recto correspondait à une carte du Canada, le verso à une carte des États-Unis...»

«Heureusement, ça fait 25 ans que je suis dans le commerce de l'automobile. J'ai moi-même déjà été victime de fraudes et de ces choses-là. Maintenant, je les sens et je suis prudent», dit Sylvain Gagnon.

«Si j'avais accepté que la cliente envoie chercher l'automobile par une remorqueuse, comme elle le proposait, je n'aurais jamais revu l'auto, qui serait partie avant même que j'aie été informé par la banque que la carte n'était pas bonne.»