Sécurité à vélo

Changer les comportements


Paul Rivard

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Le terrible accident du 14 mai 2010 a frappé l'imaginaire québécois. Mais Vélo Québec veut une campagne de sécurité positive.

© Agence QMI

Le terrible accident du 14 mai 2010 a frappé l'imaginaire québécois. Mais Vélo Québec veut une campagne de sécurité positive.

Une campagne publicitaire sans précédent sera bientôt diffusée sur plusieurs plates-formes, au Québec, afin de rappeler à la population que la sécurité à vélo commence par un changement de comportement. Celui des automobilistes et, bien sûr, des cyclistes eux-mêmes.

Vélo Québec s'est adjoint le ministère des Transports du Québec (MTQ), la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), le Club Automobile du Québec (CAA), les Sociétés de transport de Montréal et Laval (STM et STL) ainsi que sept villes pour une importante campagne dont les éléments seront déclinés à la télévision, sur internet et les réseaux sociaux, ainsi que dans les magazines du groupe.

Pas de campagne de peur

« La SAAQ n'a pas fait de campagne sur la sécurité à vélo depuis longtemps. Et il n'y en a pas eu sur la sensibilisation quant au partage de la route, souligne Suzanne Lareau, Présidente-directrice-générale de Vélo Québec. Dans la foulée de cette tragédie à Rougemont, l'an dernier, beaucoup d'ondes négatives ont circulé quant aux dangers reliés au vélo et nous voulons faire une campagne positive. Pas une campagne de peur. »

Suzanne Lareau a passé plus de 30 ans avec Vélo Québec. Du Tour de l'Île à la direction de l'organisme, elle en a vu des cyclistes, des kilomètres et de l'asphalte. Elle aussi doit être écoutée lorsqu'il est question de parler de la situation du vélo chez nous ainsi que de tout ce qui peut être qualifié de positif ou pas.

Comme le reste de la population, elle a été ébranlée par cette tragédie qu'elle qualifiait d'inédite. Jamais n'avait-on eu à déplorer trois décès d'un coup reliés à la pratique du vélo. « J'ai été estomaquée par cet horrible accident qui a marqué l'imaginaire des Québécois. Puis, outre le fait de centrer l'attention sur la sécurité à vélo, j'ai constaté aussi qu'un message extrêmement négatif était véhiculé dans les semaines qui ont suivi : les dangers de la pratique du vélo. »

Le nombre de décès diminue

Les chiffres ne mentent pas et Lareau s'en sert pour souligner à quel point il faut être rassuré. « En 20 ans, le nombre de décès reliés au vélo a diminué. Qui plus est, depuis 2005, on déplore en moyenne 16 accidents mortels par année chez les cyclistes et ce chiffre est stable. Mais comme le nombre de cyclistes ne cesse d'augmenter, il faut en tirer une conclusion positive. Je le répète : il n'y a pas un seul décès qui devrait survenir. Mais un pays sans décès de cycliste serait obligatoirement un pays où il n'y aurait pas de vélo. Écoutez, il meurt 23 fois plus de monde en voiture qu'à vélo. Et pourtant, personne ne se demande s'il sera dangereux de remonter dans notre voiture après. Alors, il faut essayer de relativiser. »