Inquiets de «sa propension à la violence», les commissaires aux libérations conditionnelles ont imposé des conditions spéciales à un ex-prospect des Bandidos éligible à une libération d'office.
Stéphane Gillet avait 12 ans lorsque son père, Alain, a été assassiné par une bande rivale au milieu des années 1990.
Par la suite, son ascension au sein d'un groupe criminalisé, en l'occurrence les Bandidos, a été fulgurante.
En mai 2004, alors qu'il avait 20 ans, Gillet a été condamné à plus de sept ans de prison pour plusieurs crimes de violence.
Au début des années 2000, il aurait fait partie d'une équipe destinée à collecter l'argent et à protéger des territoires de stupéfiants pour les Bandidos.
À cette époque, Gillet possédait un fusil-mitrailleur. Selon les commissaires, lui et ses acolytes ont séquestré une femme et des enfants, déchargé un revolver de calibre ,38 en direction d'une victime en fuite et frappé cette même victime à coups de poing et de bâton de baseball.
Ne pouvant supporter la rupture, Gillet aurait mis le feu à la résidence de son ex-conjointe après y avoir volé divers objets.
«Violence nécessaire»
En janvier 2009, Stéphane Gillet était éligible à une libération d'office. Les commissaires lui avaient accordé, non sans lui imposer de sévères conditions, notamment d'être assigné à résidence, d'être suivi par un psychologue et de ne pas fréquenter des gens avec un casier judiciaire.
Mais, en février 2010, Gillet a brisé ses conditions alors qu'il était intoxiqué par des speeds et du crack.
Durant une escapade, il a été impliqué dans un événement de conduite dangereuse suivi d'une poursuite policière.
Gillet a admis avoir été un prospect des Bandidos, mais a ajouté avoir quitté le groupe lors de son incarcération.
Il a témoigné que la violence faisait partie de son mode de vie, car elle était nécessaire dans «son travail ». Il s'est justifié par le fait que les victimes «connaissaient les risques du métier».
Dans une décision rendue le 31 mars dernier, les commissaires évaluent les risques de récidive de modéré à élevé.
Relevant «sa propension à la violence » et ses valeurs criminelles bien ancrées", ils l'ont assigné à résidence jusqu'à la fin de sa peine et lui ont interdit de consommer drogues et alcool, en plus de renouveler les conditions déjà imposées en 2009.