Dignité violée
Dédommagée
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Crystel Geoffré avait lancé sa carrière en remportant le concours Miss Hawaiian Tropic Canada, en 2005.
Une mannequin montréalaise qui avait accepté de poser dans le calendrier promotionnel 2007 du bar de danseuses Le Garage recevra un dédommagement de 5000$, après que sa photo a été publiée dans une revue pornographique.
Le juge Pierre Nollet a conclu, lundi, que le club d'effeuilleuses de Mirabel avait violé la dignité et le droit à la vie privée de Crystel Geoffré, en permettant au magazine Québec Érotique de publier, dans les pages centrales de son numéro d'avril 2008, un cliché montrant la jeune femme de 26 ans «légèrement vêtue».
«Point n'est besoin d'être un lecteur attentif pour remarquer cette présence», a observé le juge de la Cour supérieure, au sujet de cette photo, pour laquelle le mannequin avait reçu un cachet de 300 $ du Garage.
«Humiliée et trahie»
Les courbes de la Montréalaise ont pourtant été vues par des millions de téléspectateurs, durant le Super Bowl, en 2007, alors qu'elle participait à une publicité de la bière Coors Light. Elle a aussi paradé en maillot, lors du concours Miss Hawaiian Tropic Canada, posé sur les pages couvertures de plusieurs magazines, et défilé sur l'arène dans des galas d'Interbox.
Toutefois, elle s'est sentie «humiliée et trahie» de se retrouver, sans son consentement, dans cette revue porno écoulée à 4000 exemplaires.
Des collègues de travail l'ont dénigrée, en lui disant «qu'elle est devenue trop vieille pour exercer le métier de mannequin, ce qui l'oblige à poser dans ce type de revue», a relaté le juge.
Celle qui a aussi tenu de petits rôles à l'écran (Nitro, C.A.) et fait carrière à Los Angeles a dit avoir «cessé peu à peu d'accepter diverses propositions d'affaires, car les rôles qu'on lui propose s'avèrent de plus en plus dégradants» depuis cet incident.
Edith Larente, une danseuse nue dans la même situation avec Le Garage, s'est aussi vu octroyer un dédommagement de 5250$.
«En marge de la loi»
Les requérantes ont toutefois échoué à faire condamner personnellement le propriétaire du Garage et de Québec Érotique Éric Grenier. Le juge s'est tout de même montré cinglant à son endroit, en affirmant que Grenier «vit en marge de la loi».
«Ce dernier possède cinq entreprises, dont une acquise en 2008, Québec Érotique, qui génère plus de 400 000 $ de revenus annuellement. Pourtant, il ne déclare aucun revenu à l'impôt. Comment paie-t-il son hypothèque de 3 400 $ par mois, comment paie-t-il sa voiture, comment paie-t-il 4000 $ de pension alimentaire par mois à son ex-conjointe? En faisant du prêt d'argent non déclaré à l'impôt», a noté le juge, en citant le témoignage qu'a livré Grenier, en cour.