Nos infirmières en exil

Plus d'infirmières partent

CA_EricYvanLemay

Éric Yvan Lemay

Journal de Montréal, Publié le:

Le nombre d'infirmières québécoises qui pratiquent à l'extérieur du Québec va progresser au cours des prochaines années, estime la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Déjà entre 2004-2005 et 2008-2009, le nombre d'infirmières inscrites au Tableau de l'Ordre et qui pratiquent à l'extérieur est passé de 566 à 609. C'est sans compter celles qui n'ont tout simplement pas renouvelé leur cotisation comme membre et dont le nombre est aussi en hausse.

«Ça va sûrement augmenter pour deux raisons», dit Gyslaine Desrosiers : «premièrement, les jeunes sont plus mobiles qu'avant. Pour eux, la planète est leur village. Deuxièmement, il y a une compétition (entre les pays) dans le contexte d'une pénurie planétaire.»

Les Suisses agressifs

Selon elle, l'Ontario est l'endroit qui exerce la plus grande pression, même si la Suisse attire son lot d'infirmières depuis des années. «Il y a toujours eu des infirmières en Suisse où ils sont plus agressifs, mais ça reste marginal», dit celle qui ne s'inquiète pas outre mesure des départs vers ce pays d'Europe.

D'après la présidente de l'Ordre, le Québec peut se positionner lui aussi pour permettre à des infirmières de par-tout dans le monde de pratiquer ici plus facilement. «La Suisse met de l'argent pour accueillir les infirmières, c'est une opération marketing très sophistiquée. Le Québec n'est pas rendu là», dit celle qui a visité le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne, où quelque 250 infirmières québécoises occupent un poste.

Des solutions à étudier

Pour elle, certaines solutions suisses mériteraient d'être envisagées pour le Québec. C'est le cas des rotations de jour et de nuit ainsi que les horaires de 12 heures. «Malheureusement, plusieurs font de la rotation une vache sacrée à laquelle on ne peut toucher. Ils refusent de discuter de ça», dit-elle. «Il faut une sorte de new deal

Pour elle, ces aménagements pourraient régler en partie les problèmes de temps supplémentaires obligatoires, qu'on ne retrouve pas en Suisse.


  • Gyslaine Desrosiers croit également qu'il faut continuer de promouvoir la formation continue, comme le font le CHUV et certains hôpitaux québécois. Par contre, la pénurie actuelle rend difficile la possibilité de libérer le personnel pour la formation.